Les créanciers de l’Argentine craignent l’imminence d’un défaut sélectif
Le bras de fer entre l’Argentine et les «fonds vautours» ressemble à la chronique d’un défaut annoncé. La décision prise par le juge Thomas Griesa de la Cour américaine de justice de New-York d’exiger un paiement immédiat des créances aux investisseurs qui ont refusé de souscrire aux restructurations de dette de 2005 et 2010, dont le fonds Elliott, a provoqué la colère à Buenos Aires.
«Payer les vautours n’est pas seulement injuste mais illégal selon nos règles internes» a affirmé le ministre de l’économie, Hernan Lorenzino qui entend continuer «à défendre la position de l’Argentine (…) avec tous les moyens légaux à sa disposition». L’Argentine fera appel de cette décision.
«Paradoxalement, la seule manière légale de ne pas payer Elliott sera de ne pas payer non plus les autres créanciers et donc de faire défaut» indique Tullett Prebon. Or, le mois prochain, Buenos Aires devra verser 3,14 milliards de dollars aux détenteurs obligataires ayant accepté ses offres d'échange de titres en 2005 et 2010 et 1,33 milliard aux «fonds vautours» pour un montant total qui représente environ 22% de l’encours de dette argentine.
La cour américaine, qui fonde sa décision sur le principe du «pari passu» qui exige un traitement égal entre créanciers, veut ainsi que pour chaque paiement consenti aux investisseurs ayant accepté la restructuration, le pays honore un remboursement de proportion équivalente pour ceux l’ayant refusée.
Les premiers, qui avaient accepté une forte décote lors des deux restructurations, se trouvent ainsi privés du seul bénéfice qu’ils en ont tiré: la garantie du remboursement de leur prêt. Un précédent susceptible de fragiliser nombre d’accords de restructuration de dettes conclus entre des États et leurs créanciers.
De quoi provoquer un vent de panique chez les porteurs de dette argentine. «Les investisseurs craignent que le pays ne paie pas le montant réclamé par Thomas Griesa et que les agences placent les obligations en défaut sélectif» estime Brian Joseph, trader chez Puente Hermanos Sociedad de Bolsa. Le niveau des CDS argentins à un an s’est envolé vendredi de 224 pb, et le rendement des obligations à 5 ans de 84 pb, à 16,93%. Le prix des titres libellés en dollar indexés sur la croissance (GDP warrants), dont le remboursement au 15 décembre est mis à mal par la décision de justice, a chuté vendredi de 12,5%, à 14,90 dollars.
Plus d'articles du même thème
-
La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
La banque d’affaires cotée à New York a vu son bénéfice fondre de 90% au deuxième trimestre, sous l'effet d'un taux d'impôt exceptionnellement élevé et de charges liées au rachat en cours de Campbell Lutyens. -
Les banques soutiennent le plan de Daniel Kretinsky pour Casino
Elles ont accepté de mettre en œuvre la restructuration financière privilégiée par le distributeur même en cas d’opposition des autres créanciers. Les incertitudes juridiques sur le dossier restent élevées. -
La guerre au Moyen-Orient contraint la France à changer de fournisseurs de pétrole
Brut ou raffiné, le pétrole importé du Moyen-Orient s’est tari avec la guerre contre l’Iran, contraignant la France à en acheter davantage aux Etats-Unis et au Kazakhstan, mais aussi au Nigeria, à la Norvège ou à Israël. -
Valeo va rembourser par anticipation ses obligations à échéance 2027
Le montant nominal en circulation de ces obligations est de 750 millions d'euros. -
La place de Paris peine à trouver des pistes pour encadrer les organisations de la finance décentralisée
Le Haut Comité juridique de la place financière de Paris a publié un rapport mercredi 22 juillet pour donner ses premières propositions concernant un éventuel cadre juridique pour les organisations autonomes décentralisées sur la blockchain. -
BNP Paribas tient les promesses faites aux investisseurs
En termes de solvabilité et de rentabilité, la banque a tenu dès ce semestre des promesses faites pour l'année 2027. Les investisseurs semblent saluer les efforts réalisés depuis six mois, le titre BNP Paribas ayant effectué un notable rattrapage vis-à-vis de ses pairs européens. Il reste encore à ramener BNL et Arval dans les standards fixés par le groupe.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
Contenu de nos partenaires
-
EditorialMeurtre à Crépol : regarder en face le « racisme anti-blanc »
Il ne faut pas se laisser piéger par les communautaristes patentés qui prônent une hiérarchie dans la haine raciale, ni par la clique sociologisante qui réfute ce racisme appliqué aux Blancs au prétexte qu'il ne relèverait pas d'une oppression systémique -
Ça va piquerFranchises médicales : les gros consommateurs passent à la caisse
Sébastien Lecornu s’attaque au terrain très sensible du reste à charge des Français, un an après l’échec de son prédécesseur à faire adopter une mesure similaire -
He's backLe retour du chaos tarifaire de Donald Trump
Le président américain veut à nouveau en découdre sur le plan commercial, en dégainant de nouvelles menaces et de nouveaux droits de douane. Une démonstration de force qui n'est pas sans failles