Les craintes de contagion de la crise souveraine gagnent l’Europe de l’Est
Le zloty polonais perd 11 % contre le dollar et le forint hongrois 10 % depuis le début du mois. Les niveaux de CDS se creusent
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Patrick Aussannaire
Les pays de l’Est font partie des victimes collatérales de la crise de la dette souveraine en zone euro. Le zloty polonais a chuté de 14% contre le dollar à 3,2585, et de 8,5% contre l’euro à 4,3977 dans les trois derniers mois, et de respectivement 11% et 6% depuis le début du mois de septembre. Parallèlement, le forint hongrois a perdu plus de 10% depuis le début du mois contre le dollar à 214,05 et plus de 5% contre l’euro à 288,67. Les craintes de contagion se sont accentuées comme en témoigne la flambée récente de la volatilité à 10 jours, qui est passée de 11,4% à 24,7% sur l’euro-zloty et de 11,5% à 19,8% sur l’euro-forint pendant ces deux dernières semaines.
L’intervention des autorités polonaises vendredi, qui ont vendu une partie de leurs réserves en devises, a permis de stopper l’hémorragie avec un zloty qui s’est repris de 3% contre le billet vert et de 2,7% contre l’euro, après un plus bas de 3,35 et 4,51 le 22 septembre dernier. Elle n’a néanmoins permis qu’un recul marginal de la volatilité sur le change de 25,2% à 24,7% depuis vendredi. «Nous luttons contre la faiblesse du zloty car il alimente l’inflation», a expliqué lundi Marek Belka, le président de la banque centrale polonaise.
La Pologne pâtit du ralentissement de sa croissance et des doutes se font jour quant à la capacité du gouvernement d’atteindre son objectif de réduction du déficit. Bank of America a revu ses prévisions de croissance de 3,7% à 2,9% en 2012 du fait du ralentissement anticipé des exportations vers l’Europe. Le niveau des CDS polonais a plus que doublé depuis juillet à 311 bp, soit un spread avec le CDS allemand de 202 bp, le plus élevé depuis avril 2009. Parallèlement, le CDS hongrois s’est envolé à 518 bp, soit un spread de 414 bp avec le CDS allemand.
Le gouvernement hongrois, quant à lui, a mis en place un dispositif permettant le remboursement des emprunts contractés en francs suisses et en euros à une parité de change fixe de 25% inférieure aux cours actuels. Les deux tiers des emprunts hypothécaires hongrois sont libellés en francs suisses. Mesure qui a soulevé un tollé de la part des banques, notamment autrichiennes et italiennes, qui paieront la différence. «Si tous les endettés voulaient changer leur crédit en forints, cela causerait une perte hypothétique de quelque 4,3 milliards d’euros au secteur bancaire, et mènerait à un gel de l’octroi des crédits», estime György Barta, analyste chez Intesa Sanpaolo.
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