Les craintes de contagion de la crise souveraine gagnent l’Europe de l’Est
Les pays de l’Est font partie des victimes collatérales de la crise de la dette souveraine en zone euro. Le zloty polonais a chuté de 14% contre le dollar à 3,2585, et de 8,5% contre l’euro à 4,3977 dans les trois derniers mois, et de respectivement 11% et 6% depuis le début du mois de septembre. Parallèlement, le forint hongrois a perdu plus de 10% depuis le début du mois contre le dollar à 214,05 et plus de 5% contre l’euro à 288,67. Les craintes de contagion se sont accentuées comme en témoigne la flambée récente de la volatilité à 10 jours, qui est passée de 11,4% à 24,7% sur l’euro-zloty et de 11,5% à 19,8% sur l’euro-forint pendant ces deux dernières semaines.
L’intervention des autorités polonaises vendredi, qui ont vendu une partie de leurs réserves en devises, a permis de stopper l’hémorragie avec un zloty qui s’est repris de 3% contre le billet vert et de 2,7% contre l’euro, après un plus bas de 3,35 et 4,51 le 22 septembre dernier. Elle n’a néanmoins permis qu’un recul marginal de la volatilité sur le change de 25,2% à 24,7% depuis vendredi. «Nous luttons contre la faiblesse du zloty car il alimente l’inflation», a expliqué lundi Marek Belka, le président de la banque centrale polonaise.
La Pologne pâtit du ralentissement de sa croissance et des doutes se font jour quant à la capacité du gouvernement d’atteindre son objectif de réduction du déficit. Bank of America a revu ses prévisions de croissance de 3,7% à 2,9% en 2012 du fait du ralentissement anticipé des exportations vers l’Europe. Le niveau des CDS polonais a plus que doublé depuis juillet à 311 bp, soit un spread avec le CDS allemand de 202 bp, le plus élevé depuis avril 2009. Parallèlement, le CDS hongrois s’est envolé à 518 bp, soit un spread de 414 bp avec le CDS allemand.
Le gouvernement hongrois, quant à lui, a mis en place un dispositif permettant le remboursement des emprunts contractés en francs suisses et en euros à une parité de change fixe de 25% inférieure aux cours actuels. Les deux tiers des emprunts hypothécaires hongrois sont libellés en francs suisses. Mesure qui a soulevé un tollé de la part des banques, notamment autrichiennes et italiennes, qui paieront la différence. «Si tous les endettés voulaient changer leur crédit en forints, cela causerait une perte hypothétique de quelque 4,3 milliards d’euros au secteur bancaire, et mènerait à un gel de l’octroi des crédits», estime György Barta, analyste chez Intesa Sanpaolo.
Plus d'articles du même thème
-
L’inflation PCE accélère à son plus haut de trois ans aux Etats-Unis
L’indice PCE des dépenses de consommation des ménages a progressé de 4,1% sur un an en mai et de 3,4% pour l’inflation sous-jacente. Dans les deux cas comme attendu. Les marchés ont peu réagi, potentiellement conscients que la Fed attendra le prochain indice CPI paraissant au mois de juillet pour préciser ses vues sur l’inflation. -
Le gendarme financier britannique sanctionne la filiale locale de Caceis pour défauts de contrôle
Caceis UK devra payer 31,7 millions de livres sterling aux clients d'un gestionnaire de patrimoine aujourd'hui disparu qu'il a laissés s'exposer au risque de délits financiers. -
Les performances du non-coté s’érodent dans un environnement toujours contraint
Selon EY et France Invest, le TRI net à dix ans est tombé de 14,5 % à 10,7 % depuis 2021, tandis que le multiple moyen est passé de 1,66 à 1,48. Malgré ce recul, la classe d’actifs continue de surperformer les marchés cotés. -
La péninsule Ibérique s’impose comme un terrain fertile pour les banques étrangères
L’intérêt du Crédit Agricole pour Cajamar fait écho aux ambitions croissantes d’autres acteurs bancaires européens en Espagne et au Portugal. -
Le Crédit Agricole s’allie avec Cajamar, un petit cousin espagnol
La banque verte annonce une prise de participation de près de 10% au capital du premier groupe bancaire coopératif espagnol. L’alliance se double de projets de distribution dans différents services financiers, mais pas dans l’assurance. -
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
Le gestionnaire d’actifs français élargit son offre avec un véhicule sur les stratégies à court terme et un fonds axé sur les obligations d’entreprises mondiales.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
Casse-tête« On est dans une machine infernale » : le budget 2027 dans la nasse préélectorale
Sans majorité claire, Sébastien Lecornu doit arbitrer entre un recours au 49.3, avec ou sans négociations préalables avec le PS, et une ordonnance controversée pour faire passer le dernier budget avant l'élection présidentielle -
VigieFace à la taxe Zucman, la riposte libérale s'organise
Deux études concluent que la taxe sur les hauts patrimoines présente des incohérences et fragiliserait le tissu économique, enrichissant le débat sur la fiscalité à l’aube de l’élection présidentielle -
Tribune libreMonsieur le Premier ministre, ne sacrifiez pas l’apprentissage !
Dans une lettre ouverte, plusieurs grands acteurs de l'apprentissage demandent à Sébastien Lecornu de revenir sur la réduction drastique des financements de ces formations