Les covered bonds séduisent de nouveaux émetteurs
De nouvelles banques feront prochainement leur entrée sur le marché des covered bonds. Credit Suisse, le norvégien KLP Kommunalkredit, le britannique British Clydesdale Bank et l’italien Credit Emiliano présentent actuellement aux investisseurs leurs projets d’émissions d’obligations sécurisées. Récemment, la Banque de Nouvelle-Zélande a procédé à une émission inaugurale d’un milliard d’euros.
L’engouement pour ces titres adossés à un portefeuille de prêts, le plus souvent hypothécaires, est massif. Plus de 80 banques ont placé des covered bonds de plus d’un milliard d’euros cette année contre moins de 60 établissements l’an dernier, d’après BNP Paribas CIB. Alors que les émetteurs allemands et irlandais ont nettement réduit leurs émissions, ils ont laissé la place à d’autres banques qui souhaitent profiter du coût de financement attractif des covered bonds. Elles ont été aidées en cela par la création de cadres juridiques dans de nombreux pays européens récemment. La Suisse, le Portugal et l’Italie font partie des pays ayant mis en place des structures légales ces dernières années. En Suisse, après UBS qui a lancé sa première obligation sécurisée en septembre 2009, ce sera prochainement au tour de Credit Suisse de venir tester ce marché.
En 2010, les émissions en euros devraient atteindre le montant record de 200 milliards d’euros. Le précédent sommet d’émissions date de 2006, année durant laquelle 186 milliards avaient été placés.
Le dynamisme va perdurer l’an prochain. Les stratégistes anticipent pour 180 à 200 milliards d’euros d’émissions brutes. En net, elles devraient passer de 10 milliards cette année à 80 milliards en net. Les covered bonds devraient en effet permettre de refinancer les obligations garanties par les Etats mises en place en réponse à la crise et arrivant progressivement à maturité. Et les investisseurs pourraient préférer ces instruments à la dette senior. De fait, il existe un risque que les porteurs de dettes seniors finissent par être affectés par les restructurations bancaires et contraints d’accepter des décotes sur leurs titres ou des échanges en actions. Adossées à un portefeuille de prêts, les obligations sécurisées sont considérées comme plus à l’abri.
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