Les convulsions de marché avant le vote britannique inquiètent les banques centrales
A huit jours du scrutin britannique sur le maintien dans l’Union, les marchés sont en pleine crise d’aversion au risque, au point que les banques centrales s’inquiètent pour le jour où elles en sortiront.
Cette aversion s’aggrave de jour en jour. Les bourses européennes en sont à leur sixième jour de baisse consécutive, qui approche 8% sur le CAC 40.
L’argent va se placer sur les obligations d’Etat, notamment allemandes.
C’est ce qui explique que la baisse du rendement des Bunds, déjà forte du fait de la politique de la BCE, se soit accélérée.
Hier, pour la première fois, leur rendement est passé sous zéro.
C’est un symbole particulièrement fort non seulement de la situation monétaire extraordinaire en Europe mais aussi de l’absence totale de visibilité politique qui caractérise le continent.
La conséquence de la tétanie prudentielle du marché, c’est aussi que les opérateurs ne savent à quel produit de couverture se vouer pour anticiper les issues possibles.
Soit qu’ils ne soient déjà trop cher, soit par crainte qu’ils ne soient inopérants.
D’où un gel progressif de leurs positions.
Tout cela est dangereux, et les banques centrales sont sur le qui-vive.
Elles craignent des mouvements de marché extrêmes, source d’accident ou de pannes de liquidités comme aux mauvais jours de la crise financière, soit dans les derniers jours de la campagne, la semaine prochaine, et surtout au lendemain du scrutin, le 24 juin.
D’où des actions exceptionnelles en préparation.
La Banque d’Angleterre procédera à des refinancements bancaires répétés.
Surtout elle coordonnera ses efforts avec la BCE, prête à lui prêter tous les euros qu’elle voudra pour inonder le marché de liquidités et conjurer tout risque de crash.
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