Les consommateurs britanniques post-Brexit ont mangé leur pain blanc
Si l’économie britannique s’est mieux comportée que prévu après le vote sur le Brexit, c’est surtout parce que le consommateur, plutôt que de broyer du noir, a fait de la résistance. Or celle-ci pourrait bientôt prendre fin.
Comme dans le reste de l’Europe, l’inflation redresse la tête. Elle est passée de zéro mi-2015 à 2,3% fin février.
Il ne s’agit pas seulement des conséquences du relèvement des prix de l’énergie, ni des prix alimentaires qui sont sortis début 2017 de 3 ans de déflation atteignant par moment 3% en rythme annuel.
Il s’agit aussi des effets de l’inflation importée du fait de la baisse de la livre. On en trouve trace dans l’inflation sous-jacente, également en hausse.
Or à l’inverse, les salaires ne suivent plus. Selon les statistiques officielles, la hausse des prix vient de rattraper la hausse des salaires, alors que depuis l’automne 2014, les forts gains salariaux avaient valu aux consommateurs un surcroît substantiel de pouvoir d’achat.
Compte tenu de l’évolution prévisible prix-salaires, cette variable-clé pourrait être sous pression désormais. Or ce n’est plus par l’endettement que les consommateurs pourront la soutenir.
Car si sa croissance a été forte jusqu’à l’automne, atteignant jusqu’à 12% en rythme annuel notamment pour l’achat d’automobiles, il a fortement ralenti cet hiver.
Du coup, la Banque d’Angleterre fait face à un dilemme : remonter les taux comme le nécessiterait l’évolution de l’inflation ? Ou différer pour ne pas étrangler l’emprunteur ?
Dans tous les cas, la croissance au Royaume Uni pourrait bien voir son principal moteur caler. C’est ce dont Madame May aurait le moins besoin alors que le pays entre en négociation avec ses partenaires de l’Union.
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