Les comptes des banques américaines et européennes resteront difficiles à comparer
En 2008, en pleine crise, les pays du G20 soulignaient à l’unisson que les institutions financières devaient avoir des normes comptables communes. Près de six ans plus tard et alors que le normalisateur comptable international, IASB, vient de publier sa norme sur les instruments financiers, IFRS 9, l’appel des grandes puissances ressemble à un vœu pieux.
Sur un sujet aussi important que le provisionnement du risque de crédit, le désaccord entre l’IASB et son homologue américain, le FASB, a été confirmé avec la publication d’IFRS 9 la semaine dernière. Les normalisateurs sont d’accord pour avoir une vision prospective du risque de crédit. Cependant, l’IASB dont les normes sont utilisées dans plus d’une centaine de pays, propose de ne provisionner les pertes sur toute la durée du crédit qu’en cas de dégradation significative du risque.
«La vision du FASB, si elle est confirmée dans la version définitive de leur texte, consiste à dire: dès que j’accorde un prêt à une entreprise, je dois provisionner intégralement la totalité des pertes attendues sur toute la durée du crédit. L’IASB pense que ce n’est pas un bon reflet de l’économie du métier de banquier, explique Philippe Danjou, membre de l’IASB. Quand le prêt est correctement tarifé, et que les intérêts à percevoir couvrent le coût du risque attendu, il n’y a pas de raison de constater une perte comptable immédiate».
IFRS 9 établit également une nouvelle méthode pour le classement et la mesure des instruments financiers. Elle prévoit un modèle intermédiaire entre la comptabilisation au coût amorti ou à la juste valeur: la juste valeur via les autres résultats d’ensemble (fair value trough other comprehensive income). La comptabilisation dans l’une ou l’autre catégorie se base sur les cash-flows des instruments et le modèle économique qui prévaut à leur gestion. Le FASB a cependant décidé au début de l’année de ne pas poursuivre cette approche.
«L’objectif de convergence qui avait été posé n’est pas vraiment atteint», conclut Christine Lallouette, associée chez Deloitte. Et de noter que l’IASB travaille sur un projet de macro-couverture qui n’a pas d’équivalent aux Etats-Unis. Par ailleurs, en 2011, les normalisateurs ont pris acte de leurs divergences sur la compensation. Les normes américaines (US GAAP) l’autorisent davantage que les IFRS avec la norme IAS 32, ce qui fait que les banques américaines peuvent présenter des bilans relativement allégés.
Plus d'articles du même thème
-
Milleis change de directeur général pour sa banque privée
Dans la foulée de son rachat par LCL, la banque privée acte le départ de Nicolas Hubert, en poste depuis près de huit ans. Il est remplacé par Julien Calvar, l'actuel directeur général délégué et directeur des opérations. -
Santander affiche un bénéfice net sous-jacent en hausse au deuxième trimestre
La banque a cependant enregistré des provisions en hausse et des charges de restructuration liées à TSB de 250 millions d’euros. -
Liontrust réduit nettement sa décollecte au deuxième trimestre 2026
La société de gestion britannique enchaîne un 18e trimestre de décollecte nette mais voit ses encours augmenter grâce à l'acquisition de River Global. -
La médiation nationale du crédit veut sortir de l'ombre
Le nombre de dossiers traités par la médiation nationale du crédit reste relativement faible, au regard du contexte économique et du nombre de défaillances d'entreprises. Preuve d'une méconnaissance encore de son rôle, quand de son côté, la médiation des entreprises voit son nombre de dossiers exploser. -
OPmobility confirme ses objectifs pour 2026, tout en surveillant la situation au Moyen-Orient
Malgré des tensions géopolitiques et un marché sous pression, le groupe affiche une rentabilité stable au premier semestre et poursuit sa dynamique de désendettement. -
Virtus lance un ETF sur les titres privilégiés américains
L’ETF géré activement cherche un revenu courant via un portefeuille de titres privilégiés émis par des entreprises américaines
ETF à la Une
La Bourse de Londres lance une plateforme de négociation ouverte 24h sur 24
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- BlackRock dépasse les 15.000 milliards de dollars d’encours sous gestion
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
Contenu de nos partenaires
-
Sur la route du Tour avec MacronL'ascension de la colère
SERIE (11/13). A l’occasion du Tour de France 2026, l’Opinion parcourt l’étape du jour à la recherche des traces de la décennie Macron. Ce mercredi 22 juillet, les coureurs s'attaquent à un parcours usant et vallonné, idéal pour les baroudeurs et les sprinteurs les plus résistants -
Japon : le grand guide d'un premier voyage, d'Osaka à Tokyo
Longtemps, on a trouvé mille raisons de repousser le voyage au Japon : la langue, la distance, l'appréhension d'un pays réputé trop codifié pour s'y sentir à l'aise. Il aura suffi d'y poser le pied pour comprendre l'erreur. Avec un yen au plus bas face à l'euro, le moment n'a d'ailleurs jamais été aussi favorable. Récit d'un voyage en treize étapes, d'Osaka à Tokyo. -
« Le recul environnemental de trop » : la ministre de la Transition écologique Monique Barbut annonce sa démission
La ministre était opposée à la réintroduction de l'acétamipride rendue possible par le texte adopté au Parlement. Elle dénonce « le recul environnemental de trop ».