Les collectivités locales réalisent dans la douleur leur emprunt groupé

Elles ont levé 610 millions d’euros à 4,3% malgré l’absence regrettée de notation. Les collectivités espèrent toujours l’avènement d’une agence
Solenn Poullennec

Le projet d’émission groupée des collectivités a finalement abouti. Vendredi, 44 représentants du millefeuille territorial français (régions, départements, communautés d’agglomérations, communautés urbaines, communes) ont levé 610 millions d’euros à dix ans et à 4,3%. Cette rentrée d’argent est bienvenue à l’heure de la restructuration de Dexia mais les élus espèrent toujours le lancement d’une agence de collectivités.

L’opération a essentiellement attiré des assureurs et des caisses de retraite français et allemands. «C’est un emprunt compliqué dans lequel il y a 44 parties prenantes entre lesquelles il n y a pas de solidarité. Une opération non notée reste un frein pour beaucoup d’investisseurs», explique Jérôme Pellet, en charge de l’opération chez HSBC, chef de file avec CACIB et Natixis. «Cela a été très, très compliqué à cause de l’absence d’agence», confirme Olivier Landel, délégué général de l’association des Communautés urbaines de France. Lors de la dernière et première émission groupée (toutes collectivités confondues) de 2008, Moody’s avait attribué une note de Aa3 à l’opération. A l’époque, 22 collectivités avaient levé 120 millions d’euros à 20 ans avec une marge de 100 pb au-dessus de l’Euribor à 12 mois. Le caractère amortissable de l’opération avait essentiellement attiré des banques hypothécaires.

Le projet d’emprunt groupé de 2012 avait initialement intéressé 70 collectivités territoriales et l’idée était de lever environ 1 milliard d’euros. Face à l’incertitude et la lourdeur du processus une petite dizaine ne s'étaient pas engagées et sur celles qui l’avaient fait, certaines ont trouvé des financements auprès de la Banque européenne d’investissement. Pour les 44 collectivités restantes, l’affaire n’est pas mauvaise. «Le prix n’est pas génial mais tout à fait acceptable en termes de benchmark», assure Franck Claeys de l’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF). «Cet emprunt avait pour vocation de répondre à un vrai besoin de financement des collectivités locales. La création d’une agence de financement leur permettrait un accès beaucoup plus facile et sûrement encore plus attractif au marché», avance cependant Jérôme Pellet.

Le gouvernement Ayrault est toujours réticent au lancement d’une telle agence. Or, «on va arriver avec des bouts de ficelles à boucler le financement pour 2012 mais il n’y a vraiment rien de fait pour 2013», réagit Olivier Landel.

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