Les collectivités avec des prêts toxiques ont quelques mois pour se faire aider
Le compte à rebours est lancé pour les collectivités locales souhaitant bénéficier d’un soutien de l’Etat afin de faire face à leurs emprunts structurés dits toxiques. Elles ont jusqu’au 15 mars prochain pour le solliciter alors que le gouvernement a détaillé la marche à suivre dans un arrêté publié début novembre. La date butoir pour obtenir l’aide en une seule fois est fixée à la fin du mois de décembre.
Le fonds de soutien, doté de 1,5 milliard d’euros sur 15 ans, grâce à un prélèvement sur les banques, se propose d’aider les collectivités à condition qu’elles renoncent à poursuivre les prêteurs devant les tribunaux. La multiplication des contentieux a menacé de coûter très cher à Dexia, à la Société de financement local (Sfil) et donc à l’Etat. Celui-ci a gagné une manche en faisant valider une partie des contrats de prêts contestables devant les tribunaux. Il espère que les collectivités renonceront à d’autres batailles judiciaires.
Les collectivités pourront recevoir une aide équivalente au maximum à 45% de l’indemnité de remboursement anticipé (IRA) des prêts. Le mode de calcul de l’aide est précisé dans la doctrine d’emploi du fonds qui a été approuvée à la mi-novembre. Alors que près de 1.000 collectivités et établissements publics pourraient être éligibles au fonds, le taux d’aide moyen devrait se situer autour de 25% de l’IRA, a précisé Régis Baudoin, chef du service chargé d’instruire les dossiers, dans une lettre de l’administration.
Le haut fonctionnaire précise que le fonds ciblera d’abord les petites communes, notamment celles de moins de 10.000 habitants, dont une grande partie de la dette est constituée d’emprunts toxiques avec des taux élevés. Le fonds devrait également cibler des grandes collectivités, notamment des départements, qui ont un budget contraint et un portefeuille d’emprunts à risque dépassant la centaine de millions d’euros. «Les collectivités de tailles moyennes ou les grandes collectivités risquent fort de ne bénéficier que d’une aide médiocre ou quasi-nulle, ce qui amènera le contentieux à perdurer», assure l’avocat Jean-Christophe Lubac.
Alors que 216 opérations de désensibilisation ont été conclues, l’encours des prêts sensibles de la Sfil s’élevait à 6,9 milliards d’euros à la fin du mois d’octobre contre 8,5 milliards d’euros à la fin de 2012. Celui de Dexia était de 1,3 milliard d’euros à la fin du mois de septembre contre 2 milliards d’euros début 2013.
Plus d'articles du même thème
-
L’inflation PCE accélère à son plus haut de trois ans aux Etats-Unis
L’indice PCE des dépenses de consommation des ménages a progressé de 4,1% sur un an en mai et de 3,4% pour l’inflation sous-jacente. Dans les deux cas comme attendu. Les marchés ont peu réagi, potentiellement conscients que la Fed attendra le prochain indice CPI paraissant au mois de juillet pour préciser ses vues sur l’inflation. -
Le gendarme financier britannique sanctionne la filiale locale de Caceis pour défauts de contrôle
Caceis UK devra payer 31,7 millions de livres sterling aux clients d'un gestionnaire de patrimoine aujourd'hui disparu qu'il a laissés s'exposer au risque de délits financiers. -
Les performances du non-coté s’érodent dans un environnement toujours contraint
Selon EY et France Invest, le TRI net à dix ans est tombé de 14,5 % à 10,7 % depuis 2021, tandis que le multiple moyen est passé de 1,66 à 1,48. Malgré ce recul, la classe d’actifs continue de surperformer les marchés cotés. -
La péninsule Ibérique s’impose comme un terrain fertile pour les banques étrangères
L’intérêt du Crédit Agricole pour Cajamar fait écho aux ambitions croissantes d’autres acteurs bancaires européens en Espagne et au Portugal. -
Le Crédit Agricole s’allie avec Cajamar, un petit cousin espagnol
La banque verte annonce une prise de participation de près de 10% au capital du premier groupe bancaire coopératif espagnol. L’alliance se double de projets de distribution dans différents services financiers, mais pas dans l’assurance. -
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
Le gestionnaire d’actifs français élargit son offre avec un véhicule sur les stratégies à court terme et un fonds axé sur les obligations d’entreprises mondiales.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
Casse-tête« On est dans une machine infernale » : le budget 2027 dans la nasse préélectorale
Sans majorité claire, Sébastien Lecornu doit arbitrer entre un recours au 49.3, avec ou sans négociations préalables avec le PS, et une ordonnance controversée pour faire passer le dernier budget avant l'élection présidentielle -
VigieFace à la taxe Zucman, la riposte libérale s'organise
Deux études concluent que la taxe sur les hauts patrimoines présente des incohérences et fragiliserait le tissu économique, enrichissant le débat sur la fiscalité à l’aube de l’élection présidentielle -
Tribune libreMonsieur le Premier ministre, ne sacrifiez pas l’apprentissage !
Dans une lettre ouverte, plusieurs grands acteurs de l'apprentissage demandent à Sébastien Lecornu de revenir sur la réduction drastique des financements de ces formations