Les CoCos peinent à attirer les gros investisseurs institutionnels
Le manque de notation et de traitement réglementaire harmonisé limite le développement du marché de ces titres hybrides
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Solenn Poullennec
Le marché mondial des CoCos, ces titres hybrides conçus pour absorber les pertes lorsque le capital d’une banque tombe sous un certain seuil, reste restreint faute d’attirer les plus grands investisseurs. Depuis 2009 (et jusqu’en juin dernier), les banques ont émis quelque 70 milliards de dollars de titres CoCos contre 550 milliards de dollars de dette subordonnée et quelque 4.100 milliards de dette senior non sécurisée, note la Banque des règlements internationaux (BRI), dans son rapport trimestriel sur les marchés financiers et bancaires publié hier.
«Une plus grande participation des investisseurs institutionnels comme les gestionnaires d’actifs, les compagnies d’assurance et les fonds de pension est nécessaire pour que le marché des CoCos deviennent une source de capital suffisamment profonde et liquide pour les banques», écrit l’organisation qui regroupe les banquiers centraux internationaux.
Ce sont surtout les particuliers et les petites banques privées d’Asie et d’Europe qui choisissent aujourd’hui d’acheter des CoCos, attirés par des rendements attractifs. Sur un échantillon de 13 milliards de dollars de titres, ces investisseurs représentaient 52% de la demande, suivis de loin par les gestionnaires d’actifs (27%), les hedge funds (9%), les banques (3%) et les assurances (3%), selon la BRI.
La frilosité des autres investisseurs serait due au manque de reconnaissance des titres par les agences de notation. Celles-ci sont réticentes à les noter compte tenu de la complexité de leur traitement réglementaire et de leur valorisation. Plus de la moitié des CoCos ne sont pas notées aujourd’hui. Pour attirer des gros investisseurs, la BRI juge que le traitement réglementaire de ces instruments au niveau international demande encore à être harmonisé et clarifié.
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