Les chiffres de la croissance américaine confortent l’analyse mesurée de la Fed

La vigueur de la reprise aux Etats-Unis est moins flatteuse que ne le laisse penser le taux de croissance annualisé du PIB de 3,5% au troisième trimestre.
Alexandre Garabedian

Par tradition, les premières estimations du PIB américain sont sujettes à d’amples révisions. La publication hier d’une croissance de 3,5% en taux annualisé au troisième trimestre aux Etats-Unis, supérieure au consensus de 3% des économistes, doit donc être interprétée avec précaution.

D’autant que la décomposition de ce chiffre brosse un portrait moins favorable qu’il n’y paraît de l’économie américaine. Les dépenses dans le secteur de la défense et le commerce extérieur ont tiré la croissance, alors que la demande des ménages et des entreprises s’est révélée inférieure aux attentes. «La vigueur vient avant tout d’un surprenant rebond des exportations, difficile à soutenir dans un contexte de faiblesse de la demande mondiale», relève Alexandra Estiot, économiste chez BNP Paribas. Les données du commerce extérieur et des stocks en septembre, encore non disponibles pour ce mois, pourraient donner lieu à des ajustements à la baisse en deuxième estimation.

«Bien que nous estimions que les détails du rapport soit légèrement décevants, en comparaison avec ce que le chiffre suggère, ils continuent de laisser penser que l’économie américaine s’améliore à un rythme modéré», note Thomas Julien, économiste chez Natixis. Ils corroborent la décision de la Réserve fédérale américaine de mettre fin, mercredi soir, comme prévu, à son programme de rachat d’actifs, le QE3. Dans son discours, la Fed a même pris un ton jugé plus «faucon» que ne le pensaient les investisseurs. La banque centrale a mis l’accent sur l’amélioration progressive du marché de l’emploi et, pouvant difficilement dire le contraire, a minoré les risques que l’inflation reste longtemps sous sa cible.

Sur les marchés de taux, l’écart à 2 ans entre le rendement des Treasuries et des emprunts d’Etat allemands s’est ainsi élargi de nouveau depuis deux semaines. Après avoir frôlé les 65 points de base le 30 septembre puis être tombé à 37 pb le 15 octobre, le spread est repassé à 51 pb, signe que les investisseurs ont repris des paris sur une divergence des politiques monétaires de part et d’autre de l’Atlantique. Le calendrier d’une première hausse des taux de la Fed varie toujours entre juin 2015 et le troisième trimestre selon les estimations.

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