Les caisses de retraite contribueront à la relance de l’investissement
L’orientation de l’épargne des ménages vers le financement les entreprises de croissance refait l’actualité: une partie des mesures présentées hier par le premier ministre Manuel Valls concerne cette préoccupation majeure des gouvernements français depuis la crise.
Matignon prévoit d’assouplir les directives de l’Agirc-Arrco qui régissent les investissements des caisses de retraite complémentaire, à l’instar de ce qu’il a fait pour l’établissement de retraite additionnelle de la fonction publique (Erafp) en décembre dernier. Il s’agit d’élargir la liste des actifs dans lesquels les caisses peuvent investir «pour aller au-delà des investissements dans les grandes entreprises», indique un document du gouvernement. Cette modification nécessitera une réforme réglementaire, prévue d’ici au mois de mai.
Pour rappel, la réforme des règles de l’Erafp permet à ce dernier d’investir jusqu’à 40% de ses actifs en actions (dont 3% dans le non-coté), contre 25% jusqu’alors, et jusqu’à 3% dans les créances non cotées. Mais aucun détail n’a été communiqué concernant les caisses du privé. En revanche, le gouvernement a annoncé qu’elles seront soutenues dans leur démarche par la possibilité de mutualiser leurs placements relatifs aux classes d’actifs alternatives, comme les PME non cotées. La réserve moyenne placée s’élevait à 6,35 milliards d’euros pour l’Agirc (dont 70% en obligataire) et 46,2 milliards pour l’Arrco (dont 67,5% en obligataire) fin 2013.
Le gouvernement entend également relancer les deux produits financiers mis en place en 2014, mais qui peinent à décoller: le contrat d’assurance vie «Euro-croissance» et le PEA-PME. «La commercialisation des contrats [...] sera encouragée et le déploiement des PEA-PME stimulé», a déclaré Manuel Valls. Les contraintes du PEA-PME «seront allégées», indique le document, avare en détails.
Par ailleurs, le gouvernement a confirmé la mise en place du mécanisme d’amortissement supplémentaire (fixé à 40%) des investissements industriels, évoqué vendredi par le président François Hollande. Le gouvernement estime son coût à 2,5 milliards d’euros sur 5 ans.
En outre, l’enveloppe consacrée par Bpifrance aux prêts de développement sera accrue de 2,1 milliards pour la période 2015-17, passant ainsi à 8 milliards. La banque publique obtiendra cette marge de manœuvre par l’abondement de ses fonds de garantie par le programme d’investissement d’avenir et la demande d’une contre-garantie européenne dans le cadre du plan Juncker.
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