Les besoins d’investissement vont favoriser les fusions dans la technologie
44 % des entreprises du secteur restent en situation de vulnérabilité financière élevée, indique une récente étude du cabinet Alix Partners
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Yves-Marc Le Reour
Malgré les turbulences actuelles sur les marchés financiers, la consolidation des entreprises de haute technologie devrait être favorisée par des besoins d’investissement élevés dans un climat concurrentiel toujours vif, selon une récente étude du cabinet Alix Partners. Bien que l’activité globale de la branche ait bien rebondi depuis 18 mois, 44% des entreprises réalisant 56% du chiffre d’affaires du secteur se trouvait encore en situation de vulnérabilité financière l’an dernier contre 49% en 2009, indique l’étude qui porte sur un échantillon mondial de 1.195 sociétés. Cela signifie pour ces entreprises un risque de cessation de paiement ou de faillite à un horizon de 2 ans.
La proportion culmine à 87% dans l’électronique de loisirs (contre 46,5% en 2009) à cause de la faiblesse des marges. Elle atteint les deux tiers dans les télécoms, en raison d’un endettement élevé découlant des investissements dans les infrastructures technologiques et du financement de leur croissance externe.
L’étude souligne que les entreprises dont la marge brute d’exploitation est située dans le premier quartile ont dégagé une rentabilité 4,5 fois supérieure à celles du dernier quartile. Rapportés à leur chiffre d’affaires, les investissements des sociétés les plus performantes sont néanmoins 4 fois plus importants, ce qui suggère des écarts grandissants entre les intervenants. «C’est pourquoi nous nous attendons à de nouvelles opérations d’envergure dans le secteur, en particulier de la part des entreprises les plus solides», estime Yahya Daraaoui, président d’Alix Partners France.
Les entreprises asiatiques, qui représentent la moitié de l’échantillon analysé, affichent des marges deux fois plus faibles que celles des autres régions car elles ont tendance à privilégier la conquête de parts de marché à leur rentabilité. Cette situation est susceptible de pénaliser leurs homologues en Europe et en Amérique du Nord et de tirer vers le bas les marges de l’ensemble du secteur technologique.
Le risque de contraction des marges et de détérioration des bilans pourrait inciter des acteurs du private equity à renforcer leur présence dans ce secteur, notamment sur des cibles de petite taille ou en difficulté. Ces sociétés de capital-investissement trouveraient ainsi un débouché partiel à «la masse colossale de capitaux inemployés dont elles disposent», relève le cabinet de conseil.
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