Les banquiers français s’inquiètent des effets de la régulation sur le secteur
Les banquiers français se sont inquiétés des réformes réglementaires en cours et ont expliqué qu’ils s’attendaient à de profondes évolutions du secteur, lors des rencontres d’actualité de la régulation financière organisées jeudi par L’Agefi.
Alors que le gouvernement présentera la réforme bancaire ce mercredi, Frédéric Visnovsky, secrétaire général adjoint de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP), a souhaité que les activités spéculatives cantonnées soient clairement définies. Il plaide surtout pour que la réforme ne pénalise pas les établissements français vis-à-vis de leurs concurrents.
Selon François Pérol, président du directoire de BPCE, «il faut permettre aux banques françaises d’avoir des activités de marché au service de leurs clients. Si on ne le fait pas, les banques françaises sortiront de ces marchés et ce sera dommage pour l’économie européenne dans son ensemble». Le projet de loi du gouvernement devrait cependant épargner la plupart de ces activités sensibles.
Les banquiers se soucient également de la mise en place de Bâle 3 alors que les Américains ont reporté son application sine die. Les règles prudentielles «devraient être modifiées et leur application, si la modification n’est pas faite, différée dans le temps», selon François Pérol. D’après lui, les crédits éligibles auprès de la Banque centrale européenne devraient faire partie des actifs considérés comme liquides par la réforme.
«Si nous pensons qu’une réforme réglementaire est bonne pour la stabilité financière, ce n’est pas parce que les Américains ne la mettent pas en œuvre que l’on doit s’en priver automatiquement», a rétorqué Martin Merlin, chef de l’unité politique des services financiers à la Commission, tout en convenant que le calendrier restait à fixer.
«Il est temps de stabiliser les choses, il faut savoir avec quels niveaux de fonds propres et de liquidité on va travailler, il faut arrêter de repousser en permanence les positions stratégiques», a plaidé Bertrand Badré, directeur financier de la Société Générale.
Aux yeux d’Alain Papiasse, directeur général adjoint de BNP Paribas, la restructruration d’UBS «ne fait que marquer le début d’une longue restructuration de l’industrie». Pour lui, «dans les banques d’investissement les effets de taille vont jouer demain plus qu’hier». Pour résister à l’international, les banques devront notamment avoir «le maillage international et la capacité d’investir dans des produits de flux».
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