Les banques systémiques danoises font face à des exigences renforcées
Le Danemark se met au diapason de la régulation internationale du secteur bancaire. Selon une proposition de loi, le pays, qui encore noté en catégorie AAA, prévoit ainsi de renforcer les exigences de fonds propres.
Les banques locales d’importance systémique (Sifi), composées de Danske Bank, Nykredit Realkredit, Jyske Bank, Sydbank, de la filiale danoise de Nordea Bank, BRFkredit et DLR Kredit, devront afficher 3 points de pourcentage de capital supplémentaire, soit un niveau de fonds propres durs «common equity tier one» (CET1) requis compris entre 11,5% et 13,5% d’ici à 2019. Cet intervalle comprend un niveau minimum requis de 8% de CET1, auquel s’ajoute un volant de conservation de fonds propres de 2,5% et un pourcentage supplémentaire variable en fonction de la taille de la banque.
Logiquement, Danske Bank, le plus gros prêteur danois, aura à se conformer à l’exigence la plus dure d’un ratio minimum de 13,5%. Pourtant, la banque pourrait voir ce seuil abaissé en 2017 dans la mesure où la loi précise que le cadre imposé aux banques Sifis danoises ne peut excéder celui imposé aux établissements de taille équivalente au sein de huit nations européennes de référence (Royaume-Uni, Norvège, Suède, Allemagne, France, Suisse, Pays-Bas et Autriche), selon Bloomberg.
Même si le groupement rassemblant les Sifis du pays a réussi à adoucir la proposition de loi sur les exigences en termes de fonds propres, le Danemark rejoint la Suède en étant le premier pays de l’Union européenne à créer un cadre réglementaire pour ce type d’établissements. Le régulateur suédois a récemment relevé son niveau d’exigence pour les quatre banques les plus importantes du pays en leur imposant de détenir un ratio CET1 d’au moins 12% dès l’année 2015.
Les banques danoises auront la possibilité d’émettre des obligations contingentes convertibles en actions, dites «CoCo», avec un seuil de déclenchement («trigger») à 7%, contre un seuil à 5,125% pour les banques européennes. De son côté, la Suède accepte les CoCos comme capital réglementaire. Pernille Lohmann, responsable des relations investisseurs chez DLR Kredit, se montre pourtant sceptique sur l’intérêt de ce type de produits. Dans un entretien à Bloomberg, il décrit les actions DLR comme «peu attractives» pour les investisseurs extérieurs car «non cotées, sans dividende, et hautement illiquides» en cas de conversion.
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Paris - «Il coche toutes les cases», y compris celle, encombrante, de rouage-clé de la macronie: Emmanuel Moulin, proposé mardi par Emmanuel Macron comme gouverneur de la Banque de France, est un haut fonctionnaire au profil très politique qui a gravi tous les échelons financiers de l’Etat. Le président de la République connaît bien celui qu’il soumet au vote des parlementaires pour succéder à François Villeroy de Galhau à la tête de l’institution monétaire, puisque l’ex-directeur général du Trésor a été au cours de la dernière année son bras droit en tant que secrétaire général de l’Elysée. Deux postes stratégiques qui illustrent le double parcours de cet énarque discret mais affable, aux faux airs d’inspecteur Columbo, surtout lorsqu’il enfile son imperméable beige. A 57 ans, l’inspecteur général des finances également diplômé de Sciences Po et de l’Essec verrait la Banque de France comme le couronnement d’une carrière entamée à la Banque mondiale. Emmanuel Moulin commence dès 2007 à travailler dans les cercles de l’exécutif, sous la droite, un passé qu’il met en avant aujourd’hui pour relativiser l'étiquette macroniste et gagner la confiance des élus Républicains. Chez Christine Lagarde à Bercy puis à l’Elysée auprès de Nicolas Sarkozy, il contribue à naviguer à travers la crise de l’euro. «Autodérision» Après un passage dans le privé -- Eurotunnel puis Mediobanca -- pendant le quinquennat du socialiste François Hollande (2012-2017), il revient au ministère des Finances comme directeur de cabinet de l’ex-LR Bruno Le Maire. Avant d'être nommé directeur du Trésor fin 2020. Début 2024, nouvelle promotion politique. Emmanuel Macron, qui vient de nommer le jeune Gabriel Attal à Matignon, lui adjoint cet homme d’expérience comme directeur de cabinet. Un passage rapide, stoppé net par la dissolution de l’Assemblée nationale qui éloigne aussi le président et son éphémère Premier ministre, entre lesquels Emmanuel Moulin tentera ensuite de jouer les entremetteurs, sans succès. «C’est un grand serviteur de l’Etat qui a aussi beaucoup d’humour et d’autodérision», dit de lui Louis Jublin, ancien conseiller de Gabriel Attal, évoquant «quelqu’un de très solide et très rassurant dans les crises», avec un vrai «sens politique» acquis auprès de «Sarko». Arrivé à l’Elysée en avril 2025 en tant que secrétaire général, cet homme souriant a la lourde tâche de succéder à Alexis Kohler, jusque-là inamovible auprès d’Emmanuel Macron. A l’approche de la fin de règne, ce père de quatre enfants, marié à la chercheuse spécialiste des Etats-Unis Laurence Nardon, fait alors partie du cercle de plus en plus restreint autour du chef de l’Etat. Avec les atouts d’un homme «rationnel et politique à la fois», glisse une conseillère de l’exécutif, qui se demande «si le président l'écoute vraiment». La dette en question Au sein du bloc central, certains lui reprochent des conseils mal avisés. «C’est Moulin qui a expliqué au président que nommer Bruno Le Maire comme ministre des Armées, c'était génial», croit savoir un proche d’Emmanuel Macron, un choix qui, en octobre, ulcère la droite et fait capoter tout le premier gouvernement de Sébastien Lecornu. Quand François Villeroy de Galhau annonce qu’il partira en juin, un an et demi avant sa fin de mandat, Emmanuel Moulin fait vite savoir qu’il va «tenter sa chance». «Devenir gouverneur de la Banque de France, c’est un souhait de sa part, il ne s’en est jamais caché», rapporte un ex-conseiller ministériel qui l’a côtoyé. Sur le papier, il en a «les compétences», assure une ministre macroniste pour qui «il coche objectivement toutes les cases». «Il ferait ça très bien, il connaît les marchés et les affaires européennes», abonde un acteur du monde financier, sous couvert de l’anonymat. Parmi les opposants les plus farouches au chef de l’Etat, l’insoumis Eric Coquerel, président de la commission des Finances de l’Assemblée, reconnaît qu’il est «sûrement très compétent, techniquement». Mais il a été «au service de la politique économique conduite par Emmanuel Macron depuis 2017", proteste le député, qui y voit un problème «d’indépendance et de neutralité». A l’autre bout de l'échiquier politique, le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy est plus sévère. «Il est incompétent», dit-il à l’AFP, fustigeant sa responsabilité présumée dans l’aggravation de la dette française. Francesco FONTEMAGGI © Agence France-Presse -
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