Les banques systémiques danoises font face à des exigences renforcées
Les banques danoises d’importance systémique devront détenir un niveau de fonds propres durs compris entre 11,5% et 13,5% d’ici à 2019
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Patrick Aussannaire
Le Danemark est toujours noté AAA. Photo: PHB
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Le Danemark se met au diapason de la régulation internationale du secteur bancaire. Selon une proposition de loi, le pays, qui encore noté en catégorie AAA, prévoit ainsi de renforcer les exigences de fonds propres.
Les banques locales d’importance systémique (Sifi), composées de Danske Bank, Nykredit Realkredit, Jyske Bank, Sydbank, de la filiale danoise de Nordea Bank, BRFkredit et DLR Kredit, devront afficher 3 points de pourcentage de capital supplémentaire, soit un niveau de fonds propres durs «common equity tier one» (CET1) requis compris entre 11,5% et 13,5% d’ici à 2019. Cet intervalle comprend un niveau minimum requis de 8% de CET1, auquel s’ajoute un volant de conservation de fonds propres de 2,5% et un pourcentage supplémentaire variable en fonction de la taille de la banque.
Logiquement, Danske Bank, le plus gros prêteur danois, aura à se conformer à l’exigence la plus dure d’un ratio minimum de 13,5%. Pourtant, la banque pourrait voir ce seuil abaissé en 2017 dans la mesure où la loi précise que le cadre imposé aux banques Sifis danoises ne peut excéder celui imposé aux établissements de taille équivalente au sein de huit nations européennes de référence (Royaume-Uni, Norvège, Suède, Allemagne, France, Suisse, Pays-Bas et Autriche), selon Bloomberg.
Même si le groupement rassemblant les Sifis du pays a réussi à adoucir la proposition de loi sur les exigences en termes de fonds propres, le Danemark rejoint la Suède en étant le premier pays de l’Union européenne à créer un cadre réglementaire pour ce type d’établissements. Le régulateur suédois a récemment relevé son niveau d’exigence pour les quatre banques les plus importantes du pays en leur imposant de détenir un ratio CET1 d’au moins 12% dès l’année 2015.
Les banques danoises auront la possibilité d’émettre des obligations contingentes convertibles en actions, dites «CoCo», avec un seuil de déclenchement («trigger») à 7%, contre un seuil à 5,125% pour les banques européennes. De son côté, la Suède accepte les CoCos comme capital réglementaire. Pernille Lohmann, responsable des relations investisseurs chez DLR Kredit, se montre pourtant sceptique sur l’intérêt de ce type de produits. Dans un entretien à Bloomberg, il décrit les actions DLR comme «peu attractives» pour les investisseurs extérieurs car «non cotées, sans dividende, et hautement illiquides» en cas de conversion.
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