Les banques se ruent sur l’injection exceptionnelle de 5 milliards de livres de la BoE
La Banque d’Angleterre (BoE) a annoncé qu’elle offrait lundi 5 milliards de livres à 3 jours par le biais d’une injection exceptionnelle destinée à normaliser les taux au jour le jour qui s’étaient envolés hier matin de plus de 25 points de base par rapport au taux directeur de 5,25 %. «Cette opération a été décidée en guise de réponse aux conditions prévalant sur les marchés monétaires à court terme», précise l'établissement dans un communiqué. Effectué dans le sillage du sauvetage de la banque américaine Bear Stearns, ce refinancement sursouscrit près de 5 fois est le deuxième de cet ordre depuis le déclenchement de la crise financière à l’été 2007 ; son succès témoigne de l’attrait des institutions financières pour la liquidité alors que la défiance s’est renforcée sur les marchés du crédit.
Cette intervention d’urgence fait d’ailleurs écho aux préoccupations croissantes des banques, perceptibles dans le rapport trimestriel de la BoE paru hier. Celui-ci indique en effet que si une amélioration avait pu être constatée sur les marchés monétaires britanniques entre décembre et début janvier, cette accalmie a été suivie «d’une détérioration durant le mois de février, les banques rencontrant des difficultés de refinancement sur des échéances supérieures à un mois». De plus, l’orientation négative des marchés actions a été accompagnée d’un élargissement des spreads sur les obligations corporate libellées en sterling à la fois sur les segments investissement et spéculatif. Le marché primaire des émissions obligataires en sterling est également resté largement fermé, «les institutions financières s’attendant à un durcissement supplémentaire des conditions de crédit au premier trimestre 2008», poursuit le rapport.
«Ceci pourrait contribuer en retour à dégrader davantage la qualité des actifs bancaires, tout en accroissant «les incertitudes sur l’orientation future des taux courts», conclut le rapport. Après l’opération de la BoE hier, Philip Shaw chez Investec résumait le sentiment général en déclarant «si ces mesures techniques ne tiennent pas leurs promesses, le comité de politique monétaire de la BoE pourrait alors baisser ses taux directeurs de façon plus agressive malgré l’inflation». L’écart de rendement entre les taux britanniques à 2 et 10 ans s’est d’ailleurs élargi hier de 13 points de base (pb) à 63 pb, au plus haut depuis juillet 2003.
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