Les banques relancent des émissions d’obligations non garanties
Les conditions sur le marché de crédit s’améliorent pour les sociétés financières européennes les plus solides. Depuis le début de la crise à l’automne, seules quelques-unes étaient parvenues à émettre des obligations sans la garantie d’Etat, à l’image de BNP Paribas, de la Société Générale ou de HSBC France en décembre dernier. Mais en avril, les émissions ont fortement augmenté. Elles ont représenté près de 31 milliards d’euros, contre moins de 7 milliards d’euros en mars, d’après Calyon.
Une vingtaine d’émetteurs, se concentrant sur des maturités courtes, ont sollicité les investisseurs le mois dernier. Les financières britanniques, espagnoles, italiennes et néerlandaises ont été très actives. BNP Paribas, HSBC France et Compagnie Financière du Crédit Mutuel sont les émetteurs français venus sur le marché ces dernières semaines.
« Le contexte est porteur pour ces émetteurs et des opportunités pourraient se présenter jusqu’à la fin du deuxième trimestre, explique Gwenaëlle Lereste, analyste crédit chez Calyon. Le marché a pour l’instant réservé un bon accueil aux résultats trimestriels des banques. Les inquiétudes croissantes sur la qualité de crédit des Etats jouent en faveur des émissions non garanties. Surtout, avec une activité limitée sur le marché secondaire et des primes toujours élevées, les investisseurs privilégient le marché primaire ».
Pour son émission à cinq ans, Compagnie Financière du Crédit Mutuel, noté « A+ », a par exemple offert 255 pb. Les primes ont grimpé jusqu’à 350 pb pour Lloyds TSB et à 500 pb pour Aegon. Le niveau des primes n’a guère évolué depuis les premières émissions non garanties. Venu sur le marché en janvier et en avril pour des émissions à cinq ans, HSBC France a offert à ces deux occasions des primes proches, de 175 et de 180 points de base au-dessus des taux mid swap.
Les investisseurs demeurent malgré tout très sélectifs. Ainsi, les financières notées « AAA » et « AA » sont les plus nombreuses à émettre des dettes non garanties. Ces dernières ne devraient donc pas encore se substituer aux émissions garanties qui restent nombreuses. Depuis leur instauration à l’automne, 160 milliards d’euros ont été émis sous cette forme.
Plus d'articles du même thème
-
Les émissions d’obligations d’entreprises signent un premier semestre exceptionnel
Le marché primaire corporate euro a enregistré un semestre record à 285 milliards d’euros, porté notamment par les sociétés américaines, dont les hyperscalers, et soutenu par la forte demande des investisseurs. Et ce malgré le conflit en Iran. -
L'inflation aux États-Unis ralentit plus que prévu en juin
Les rebondissements autour du détroit d'Ormuz pourraient cependant créer de nouvelles tensions sur les prix. -
Les banques françaises ont le sort de Casino entre leurs mains
Le distributeur a choisi la proposition de restructuration de son premier actionnaire, Daniel Kretinsky, mais il réclame un geste de ses banquiers pour pouvoir la mettre en œuvre. Verdict le 20 juillet. -
Le marché primaire des dettes financières résiste malgré les tensions géopolitiques
Les émissions en euros 2026 ont dépassé celles de 2025 malgré la guerre en Iran, mais avec de fortes disparités selon les segments liées notamment à de moindres besoins en dettes subordonnées. Ce qui devrait limiter la possibilité de battre des records d’ici à fin décembre. -
JPMorgan publie un bénéfice net en hausse au deuxième trimestre
Le titre affichait une hausse de 2,5% en début de séance mercredi. -
Nippon Paint convoite les peintures décoratives d’Akzo Nobel
Le groupe japonais a proposé 7,5 milliards d’euros pour acquérir cette activité auprès du chimiste néerlandais. Mais celui-ci privilégie sa fusion avec l’américain Axalta.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
Formez vos bataillonsDifficultés russes, défilé du 14 juillet, Trump moins fermé : le regain d’optimisme européen
Emmanuel Macron a réuni les alliés de la Coalition des volontaires à Paris, avant une nouvelle démonstration d’unité et de forces sur les Champs-Élysées, pour la fête nationale -
DésunionLa gauche italienne se déchire sur la Russie et le réarmement
Derrière la politique étrangère se profile la bataille pour le leadership d’une coalition déjà très divisée -
Remaniement en Ukraine : Ioulia Svyrydenko, la Première ministre, démissionne
Approuvée par le Parlement, la démission de Ioulia Svyrydenko a été confirmée en bonne et due forme. Pour l’heure aucun successeur n’a été désigné. Volodymyr Zelensky veut, lui, « une nouvelle stratégie politique »