Les banques occidentales multiplient les émissions en roubles
Soucieuses de diversifier leurs sources de financement, et dans un contexte de taux bas, les banques occidentales multiplient les projets d’émissions obligataires en roubles alors que se profile à la fin de l’année une libéralisation du marché de la dette en Russie. Le géant HSBC a pris les devants en planifiant une émission de 10 milliards de roubles soit environ 250 millions d’euros de titres à échéance 10 ans, rapportait mi-octobre l’agence Bloomberg.
Les banques françaises ne sont pas en reste. BNP Paribas envisage d’émettre jusqu’à 12 milliards de roubles d’obligations à maturité 3 ans, tandis qu’OAO Rosbank, la filiale de la Société Générale s’apprête à émettre pour 9 milliards de roubles de titres, selon la documentation réglementaire récemment publiée. La banque italienne UniCredit vient quant à elle de lancer une émission de 5 milliards de roubles.
Plusieurs raisons expliquent la ruée des filiales des banques étrangères vers les émissions en devise russe. Il s’agit tout d’abord de répondre aux besoins de leurs clients qui souhaitent investir dans le pays. Les réformes engagées par l’administration Poutine pour faciliter l’accès des investisseurs étrangers aux marchés de capitaux et de la dette locale accélèrent aussi le mouvement. Au premier semestre 2013, les plates-formes de règlement-livraison Clearstream et Euroclear pourront en effet accéder au marché domestique des obligations d’entreprises.
Ces évolutions devraient permettre aux investisseurs étrangers d’acheter plus facilement des OFZs c’est-à-dire les obligations d’Etat russes. Les groupes de «clearing» pourront en effet opérer sur la dette souveraine dès janvier 2013 mais devront attendre 2014 pour les actions.
«La Russie a déjà ressenti les effets positifs depuis l’annonce de ces changements début octobre», souligne BNP Paribas CIB dans une note. L’appétit des investisseurs étrangers pour la dette souveraine russe s’est nettement renforcé, les étrangers détenant 5,4% de la dette nationale contre 3% au début 2012.
Les analystes s’attendent à un doublement de cette part à 10 % au premier semestre 2013 ce qui devrait continuer d’alimenter la détente des taux d’emprunt. Les analystes de Société Générale soulignent de leur côté que «les obligations d’Etat et d’entreprises relativement bon marché devraient offrir des opportunités d’investissement attractives à moyen terme».
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