Les banques les plus solides devraient rembourser la BCE dès fin janvier
Dès aujourd’hui, la Banque centrale européenne (BCE) annoncera quelle est la part des sommes empruntées lors de l’opération de refinancement à trois ans (LTRO) de décembre 2011 que les établissements financiers européens rembourseront mercredi prochain. Elle communiquera de même chaque semaine. Soucieuses de leur réputation, des banques ont déjà levé le voile.
Sabadell rendra 1,5 milliard d’euros sur les 24 milliards qu’elle a empruntés, a affirmé hier son patron Josep Oliu. Le directeur financier de Bankinter, Gloria Ortiz, a de son côté expliqué que sa banque rembourserait cette année environ 15% des 9,5 milliards d’euros empruntés à trois ans. «La décision de rembourser la BCE n’est que partiellement financière», écrivent les analystes de Barclays «il y aura toujours un effet signal associé à l’annonce du remboursement».
Selon Bloomberg, Lloyds remboursera 8 milliards de livres lorsque s’ouvrira la fenêtre de remboursement pour la seconde LTRO, le 27 février prochain. La banque britannique avait emprunté 11,4 milliards. Lors de la seconde LTRO en février 2012, 800 banques avaient emprunté près de 530 milliards d’euros. A l’occasion de la première LTRO, 523 établissements avaient emprunté 489 milliards d’euros. La Société Générale, BNP Paribas ou Natixis devraient aussi rendre des fonds dès le 30 janvier.
Pour Natixis, les banques les plus susceptibles de rembourser rapidement sont bien les plus solides des pays du cœur de la zone euro et de la périphérie. La réouverture des marchés a réduit leur dépendance à la BCE et leurs besoins diminuent compte tenu de la nécessité de réduire le bilan, de la faiblesse de la demande de crédit et de l’assouplissement des règles de Bâle 3. De toutes façons, «il reste toujours les MRO et LTRO (opérations de refinancement) pour obtenir du cash sans limite de montant en cas de besoin».
«Pour l’année à venir, la plupart des banques vont garder l’argent des LTRO, pour faire face aux tombées de dette, aux coûts de financement, au manque d’accès au marché ou juste parce qu’elles manquent de confiance», souligne-t-on cependant chez Crédit Agricole CIB. Le patron d‘Unione di Banche Italiane qui a emprunté 12 milliards d’euros à la LTRO, déclarait il y a peu qu’il ne les rendrait pas à court terme. «Etant donné les coûts de financement, il est plus profitable pour les banques italiennes de faire de l’arbitrage en utilisant les facilités de la BCE», a-t-il dit.
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