Les banques françaises viennent toujours davantage au guichet de la BCE
Compte tenu des tensions sur les marchés, elles renforcent leurs financements auprès de la Banque centrale. Elles y augmentent aussi leurs dépôts
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Violaine Le Gall
Les emprunts des banques françaises auprès de la BCE ont dépassé la barre de 100 milliards d’euros sur la période de constitution de réserve d’octobre qui s’est terminée le 8 novembre, d’après les données de la Banque de France. Le recours aux opérations de financement à long terme (LTRO) a augmenté de 22 milliards, à 64,8 milliards, certainement en raison du lancement fin octobre d’une LTRO exceptionnelle à douze mois, tandis que l’utilisation des opérations principales de refinancement (MRO) baissait de 8,1 milliards à 35,8 milliards.
Au total, les banques françaises ont emprunté 14 milliards de plus que sur la période précédente. L’amplification de la crise de la dette de la zone euro a fait monter en flèche leurs demandes auprès de la BCE depuis août dernier. Les banques n’avaient alors emprunté que 22,3 milliards. Le stress sur les marchés incite parallèlement les banques à adopter une conduite très prudente pour la gestion de leurs liquidités. Elles ont ainsi augmenté de 8 milliards en un mois leur utilisation de la facilité de dépôt, rémunérée à 0,50%, à 27 milliards d’euros.
Autre signe des tensions sur le financement bancaire, une banque, qui ne peut être identifée mais qui pourrait être Dexia, utilise depuis deux mois la facilité de prêt marginal de la BCE, pour 300 millions en septembre et 800 millions en octobre. Ce dispositif, dont le taux est fixé à 2%, soit un niveau bien plus élevé que celui des MRO et LTRO, permet aux banques d’emprunter sans collatéral.
Ce recours croissant à la BCE compense en partie la baisse des lignes obtenues auprès des fonds monétaires américains. L’exposition de ces derniers aux banques françaises est passée de 6,7% à 5,5% entre fin septembre et fin octobre d’après Fitch. Depuis fin mai, elle a chuté de 69%.
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