Les banques françaises veulent créer une plate-forme commune de titrisation

Les tensions sur le marché interbancaire poussent à chercher des modes de financement alternatifs. Le projet est axé sur le financement des PME
Krystele Tachdjian

A l’heure où les banques françaises rechignent toujours à se prêter entre elles, la recherche de sources alternatives de financement reste un enjeu crucial, et pourrait relancer l’intérêt pour les mécanismes de titrisation (transformation de créances en titres de marché).

Les banques françaises et la Banque de France planchent ainsi depuis plusieurs semaines sur le lancement d’une plate-forme commune de titrisation des créances, sous l’égide de la BCE, explique un bon connaisseur du dossier, confirmant les informations des Echos.

Banquiers, assureurs et autres fonds d’investissement auraient ainsi la possibilité de souscrire à ces titres émis par les établissements financiers, et destinés au financement des PME.

Un rapport définitif doit être remis au Haut Comité de place au mois de septembre pour une entrée en application dès l’année prochaine.

«L’aboutissement de ce projet s’annonce compliqué. On risque en effet d’attendre longtemps avant que tous les acteurs de ce dossier ne parviennent à se mettre d’accord», tempère de son côté une source.

Lors de la présentation de ses vœux en janvier Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France avait évoqué de manière sybilline la volonté de lancer une «réflexion sur le développement de l’utilisation de créances privées dans les financements de marché, sous forme de repo», sans donner plus de détails sur ses intentions.

Le projet de création d’une plate-forme commune de titrisation des créances bancaires - dont les contours exacts restent encore à préciser - connaîtra-t-il de meilleurs augures que le Fonds commun de titrisation PPP (partenariat public-privé) pour le financement des infrastructures ? Appelé de ses vœux par Bercy il y a déjà près de deux ans, cette initiative de place est toujours dans les cartons.

En France, le secteur bancaire finance entre 70% et 80 % des prêts à l’économie alors qu’aux Etats-Unis par exemple, près de 70% des financements proviennent des marchés de capitaux. Un rééquilibrage semble ainsi en passe de se réaliser sur le Vieux Continent.

D’autant que le marché de la titrisation bancaire hexagonal est relativement sain avec des créances de bonne facture, si l’on compare avec les Etats-Unis.

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