Les banques françaises devraient encore être affectées par la crise financière en 2008
Les banques françaises ne sortiront pas indemnes de 2008. Dans une étude publiée jeudi, Standard & Poor’s estime que leurs résultats devraient encore baisser en 2008 et que la rentabilité du secteur devrait retrouver les niveaux de 2004-2005. Premier constat, l’agence note que les banques françaises comptent parmi les plus touchées en Europe par la crise du crédit en 2007. Cela s’est traduit par des perspectives de notation moins favorables pour Crédit Agricole, les Caisses d’Epargne, Natixis et Société Générale. La note de cette dernière a en outre été abaissée en raison des pertes liées à la fraude.
S&P remarque que l’importance de leurs activités de banque de financement et d’investissement (BFI) « les expose à une dégradation potentielle des marchés financiers, avec des effets plus diffus sur l’ensemble des métiers». « Nous attendons une augmentation des provisions dans les activités de grande clientèle et de financements internationaux», ajoute S&P qui n’exclut pas «la possibilité de nouvelles dépréciations d’actifs sur les métiers déjà touchés l’année dernière, bien que la couverture des expositions résiduelles semblait adéquate à la fin de 2007». Il reste que l’ampleur de ces dépréciations d’actifs réalisées en 2007 n’interdit pas un rebond relatif pour les BFI les plus touchées (Calyon, Natixis, Société Générale). Toutefois, ces activités resteront sous pression en 2008, le ralentissement économique se propageant au-delà des activités liées aux CDO et aux monolines. Les groupes très actifs dans les dérivés actions (Société Générale, BNP Paribas, Calyon) seront plus exposés à la baisse des marchés boursiers.
L’agence relève que l’impact cumulé de la crise des marchés sur les comptes des six premiers groupes bancaires français s’est élevé à 11 milliards d’euros, ce qui s’est traduit par une baisse de 20 % de leur résultat d’exploitation. Elle remarque cependant que l’activité de banque de détail en France reste très rentable et peu risquée.
La contribution des acquisitions à la croissance des revenus des banques sera également plus faible en 2008, certains groupes ayant d’ores et déjà annoncé mettre l’accent sur l’intégration des acquisitions passées.
Standard & Poor’s précise que le cadre donné à cette étude est une récession nette mais de courte durée aux Etats-Unis, avec un ralentissement de la croissance en Europe.
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