Les banques font les frais du dérapage budgétaire français
Les banques françaises risquent bien de faire les frais du bras de fer entre le gouvernement et Bruxelles sur le budget 2015. Selon Les Echos, le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour 2014 qui sera présenté le 12 novembre prochain, prévoira que la taxe systémique dont s’acquittent les banques ne soit plus déductible à l’impôt sur les sociétés. Alors que la taxe doit rapporter environ 1 milliard d’euros à l’Etat, cette mesure permettrait de dégager environ 300 millions.
La non-déductibilité de la taxe systémique avait déjà été envisagée en 2012 par l’actuel secrétaire d’Etat au budget, Christian Eckert, alors député. Elle avait été de nouveau proposée par des députés dans le cadre du débat sur le budget 2015 mais retoquée pas plus tard qu’à la mi-octobre par... Christian Eckert. «On est très surpris par cette annonce», déclare-t-on à la Fédération bancaire française (FBF), sans plus de commentaires. La potion est d’autant plus amère à avaler pour la FBF qu’elle plaidait pour que l’exécutif se montre dès le budget 2015 favorable à ce que la taxe serve à alimenter le futur fonds européen de résolution bancaire.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre des promesses faites précipitamment par le gouvernement français pour satisfaire aux exigences budgétaires européennes. Pour éviter que la Commission ne désavoue la France en dénonçant le dérapage de son déficit nominal et la faiblesse de son ajustement structurel dans son budget 2015, le ministre des finances et des comptes publics, Michel Sapin, a notamment promis la semaine dernière dans un courrier au vice-président de l’institution de renforcer la lutte contre la fraude et l’optimisation fiscale, dans le cadre du PLFR 2014 et de mettre en œuvre «quelques dispositions de justice».
Assise sur les exigences en fonds propres des banques, la taxe systémique a été créée par le budget 2011 pour augmenter le coût de la prise de risque pour les établissements bancaires et «compenser le coût pour les contribuables de la résolution des crises bancaires». Son taux initialement fixé à 0,25% a été doublé en 2012 pour la «rapprocher» de taxes similaires européennes. La taxe a ensuite été relevée à 0,539% dans le budget 2014 pour permettre d’abonder le fonds de soutien aux collectivités locales aux prises avec les emprunts toxiques.
Plus d'articles du même thème
-
Un Shein en perte de vitesse se présente à la Bourse de Hong Kong
Le géant controversé de la fast fashion a publié le 26 juillet son document d'introduction en Bourse. Il a signé une perte au premier trimestre et pâtit des taxations imposées aux petits colis dans les pays occidentaux. -
Le déficit commercial français reste plus lourd qu'avant la crise sanitaire
Le solde commercial français dépend de quatre principaux secteurs industriels qui n’ont pas retrouvé le même niveau d’exportations qu’avant la pandémie de Covid, hormis le secteur du luxe. -
Face au risque climatique, la tutelle des assureurs les appelle à se mobiliser sur la prévention
Alors que les incendies font rage près de Bordeaux, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a conduit en 2025 et 2026 une revue de la gestion des risques liés au changement climatique. De bonnes pratiques ont été relevées chez les assureurs, mais les actions de prévention restent à déployer. -
Donald Trump prolonge sa guerre commerciale
L’administration américaine a instauré de nouveaux droits de douane de 10% ou 12,5% au nom de l’article 301 du Trade Act contre le travail forcé. Un cadre juridique qui inscrit la guerre tarifaire dans la durée. -
Le gendarme américain de la Bourse ouvre le dossier des coffres-forts crypto
Le régulateur des marchés financiers américains débute son travail sur les actifs de la finance décentralisée. Tout en adoptant une posture ouverte au dialogue, il rappelle aux acteurs que certains coffres-forts ou protocoles rentrent dans le giron législatif des valeurs mobilières. -
Ardian poursuit la réorganisation de sa gouvernance
François Jerphagnon succède à Mathias Burghardt à la présidence du directoire d'Ardian France. Ce dernier quitte ses fonctions exécutives pour se consacrer à l'activité Infrastructure.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
Contenu de nos partenaires
-
Cocktail explosifMégafeux : pourquoi ce n'est que le début
« Orage de feu » jamais vu, record d'évacuations, trentaine de foyers actifs simultanément : ce pire épisode d'incendies que le pays ait connu depuis 1949 illustre ce que les climatologues annoncent depuis des années -
EditorialCanicules, mégafeux : l'impasse de l'infantilisation citoyenne
Il est temps de changer de paradigme. Le précautionnisme a vécu. Pratiquée par tous nos dirigeants, cette religion de la protection absolue – « quoi qu'il en coûte » – sonne de plus en plus comme une promesse creuse -
BatailleA400M, bulldozers, sapeurs : la mobilisation maximale des militaires face aux feux
Les armées fournissent matériels et personnels face aux incendies, en plus d’une brigade dédiée à la sécurité civile. Et fait monter en puissance ses dispositifs