Les banques européennes se financent à des coûts très différents

Alors que BNP Paribas a émis hier des covered bonds à dix ans avec une marge de 65 pb, BBVA a dû offrir 225 pb pour des titres à trois ans
Violaine Le Gall

Le marché européen des obligations sécurisées de plus d’un milliard d’euros a redémarré en trombe hier. Quatre émissions ont eu lieu dans la journée. Ce sont les émetteurs leaders sur leur marché qui sont venus les premiers tester l’appétit des investisseurs, à l’image de BNP Paribas, d’ING ou de BBVA. «Les émissions se sont faites à des primes raisonnables compte tenu du contexte de marché actuel et du nombre d’opérations réalisées hier», explique Laurence Ribot, responsable de la syndication des covered bonds chez Natixis. Elles ont été comprises entre 0 et 14 points de base par rapport au marché secondaire. ABN Amro, la Compagnie de Financement Foncier et le Crédit Agricole devraient aussi faire appel à ce compartiment de marché dans les prochains jours.

Mais en raison de l’inquiétude sur le risque souverain espagnol, BBVA a dû offrir un rendement bien plus élevé que la moyenne pour attirer les investisseurs. L’établissement a placé pour 1,5 milliard d’euros de titres à un spread record. Ses obligations ont ainsi été mises à prix avec une marge de 225 pb par rapport aux taux midswap, contre 65 pb pour les titres à 10 ans de BNP Paribas. «Le spread par rapport aux Bonos à trois ans s’est élevé à 20 pb. Il est donc du même ordre que celui observé lors l’émission de BBVA en juillet dernier», précise Laurence Ribot. Le livre d’ordres a atteint 1,7 milliard d’euros.

L’année dernière a déjà été difficile pour les émetteurs bancaires espagnols. Le marché leur a été fermé au printemps dernier. Puis, en juillet, BBVA a placé 2 milliards d’euros de cédulas à trois ans pour 195 pb. Le spread avait alors battu le précédent record de Bank of Ireland qui avait émis à 190 pb en 2009. En septembre 2010, Caja Madrid a encore battu ce seuil en émettant 1,25 milliard d’euros de covered bonds à deux ans et demi à 220 pb. «Malgré les conditions difficiles, les banques ont voulu montrer qu’elles avaient toujours accès au marché et le coût des émissions est passé au second plan pour elles», expliquent les stratégistes d’UniCredit.

L’écart entre les rémunérations offertes par les émetteurs européens de covered bonds devrait rester important cette année. «Sans un changement majeur du sentiment sur la zone euro, les spreads des covered bonds ne convergeront probablement pas. De nombreuses obligations sécurisées des pays périphériques semblent encore vulnérables», estime Bernd Volk, stratégiste chez Deutsche Bank.

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