Les banques européennes ont durci leurs prêts aux PME entre 2007 et 2010
Selon Eurostat, les conditions des banques sont aussi moins avantageuses. La France n’échappe pas au resserrement du crédit
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Solenn Poullennec
Les PME font les frais de la crise. Entre 2007 et 2010, les banques européennes ont moins prêté et à des conditions moins avantageuses que souhaité, selon les données publiées par Eurostat hier. En trois ans, la proportion des demandes de prêts refusées a augmenté dans 19 des 20 pays étudiés. La hausse est particulièrement marquée en Bulgarie, en Lettonie et en Irlande où la proportion de prêts refusés sur l’ensemble des demandes est passée de 1 à 27% en trois ans.
Aux Pays-Bas et au Royaume-Uni ce sont 22,5% (+15,7pts) et 20,8% (+15,2 pts) des crédits demandés qui n’ont pas été accordés en 2010. En Espagne et en Grèce, le nombre de refus essuyés a aussi fait un bond de près de 10 points à respectivement 13,2% et 10,8%. Autant de chiffres qui traduisent les difficultés rencontrées par les établissements bancaires dans ces pays.
La France reste l’un des pays où la proportion de prêts refusée reste basse, à 7%, même si elle a augmenté de 5 points en trois ans, soit beaucoup plus qu’en Allemagne où elle se situe à 8,2% (+1,5 pts). De quoi contredire la thèse des banques selon laquelle la baisse de la distribution de crédits est surtout due à une baisse de la demande.
Parmi les heureux bénéficiaires d’un prêt, tous ne sont pas logés à la même enseigne. Entre 2007 et 2010, les banques se sont montrées plus exigeantes. Le pourcentage des prêts accordés aux conditions souhaitées a baissé dans tous les pays. C’est en Grèce et en Espagne que les banques se sont montrées les plus sourcilleuses avec 30% et 28% de prêts partiellement accordés. En France, cette proportion est passée à 9,7% (+6,1). Les banques allemandes sont plus sévères avec 15,9% (+7,9) de prêts moins avantageux que prévu.
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