Les banques européennes multiplient les recours aux émissions de «Cocos»
La semaine dernière, RBS, la Société Générale et UniCredit sont venues sur le marché primaire émettre des titres compatibles avec les normes Bâle 3
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Patrick Aussannaire
L’appétit pour les obligations contingentes convertibles («Cocos») ne se dément pas. Après RBS en début de semaine dernière, c’est la Société Générale qui a émis vendredi pour un milliard d’euros d’obligations additional tier 1 (AT1) de maturité perpétuelle avec un seuil de déclenchement minimum à 5,125% et un coupon payé de 6,75%. Selon les règles Bâle 3, le ratio de fonds propres CET1 de la banque française était de 10% fin 2013 pour un ratio de levier de 3,5%. Une opération précédée par celle d’UniCredit pour un montant de 1,25 milliard de dollars qui a offert un coupon de 8% correspondant à une marge de 518 pb au-dessus du taux mid-swap.
RBS estime le montant des émissions de «CoCos» à 15 milliards d’euros depuis le début de l’année, ce qui porte l’encours de titres à environ 75 milliards. Un montant qui pourrait dépasser le seuil des 100 milliards cette année, alors que les stratégistes de Natixis prévoient 22 milliards d’émissions sur 2013. Le Crédit Agricole a en outre entamé une tournée des investisseurs la semaine dernière pour une nouvelle émission de titres AT1, après celle de 1,75 milliard de dollars réalisée en janvier qui traitait hier à un rendement de 7,07%.
Parallèlement, le Financial Times indique que Deutsche Bank n’attend plus que le feu vert des autorités pour débuter un programme d’émission d’obligations AT1 de 5 milliards d’euros. Deutsche Bank est «l’une des banques qui a les plus forts besoins en termes de capitaux contingents», selon les estimations de RBS. De son côté, HSBC compte réclamer l’autorisation à ses actionnaires lors de son assemblée générale annuelle qui se tiendra le 23 mai pour lancer une émission de «CoCos». L’opération «donnerait à HSBC une plus grande flexibilité pour gérer ses capitaux de la manière la plus efficace et la plus économique, et améliorer ses rendements disponibles pour les actionnaires tout en maintenant la solidité de ses capitaux propres», selon des propos de la banque rapportés par Reuters.
Pourtant, «les investisseurs n’intègrent pas complètement le risque de conversion dans leurs prix, en ne tenant compte que du report de coupon», alerte RBS qui exhorte à une sélection des titres émis par les banques commerciales ayant les résultats les moins volatils. Les premières émissions se sont très bien comportées, avec des rendements allant de 4,3% pour les dettes émises par Rabobank jusqu’à 7,8% pour celles de Banco Popular.
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