Les banques européennes maintiennent le robinet du crédit sous contrainte
Les injections massives de liquidités de la BCE n’y ont rien fait. Les banques européennes resserrent le robinet du crédit. L’enquête trimestrielle de la Banque centrale européenne sur la distribution de crédit bancaire, publiée hier, montre en effet que les banques de la zone euro ont encore durci leurs conditions de financement aux entreprises et aux particuliers au cours du deuxième trimestre. Dans le même temps, la demande de prêts a continué de se replier, signe que la confiance des ménages et des entreprises n’est pas là.
Ces deux tendances de fond devraient se poursuivre au troisième trimestre, si l’on en croit les 130 banques de la zone euro interrogées par la BCE entre le 21 juin et le 5 juillet. Dans le détail, il ressort de l’enquête que 10% en solde net des banques participantes ont resserré leurs conditions de crédit au cours de la période allant d’avril à juin contre 9% au premier trimestre. Les analystes de BNP Paribas CIB jugent les chiffres sur l’octroi de crédit pour le deuxième trimestre un peu décevants à la lumière des anticipations favorables qui avaient été avancées lors du précédent sondage de la BCE.
Du point de vue de la demande, les données sont en revanche un peu plus encourageantes. Un quart des banques interrogées ont fait part d’une baisse des demandes de prêts des entreprises alors que le solde était de -30 en avril. La demande de prêts immobiliers aux particuliers a quant à elle continué de baisser (-21 en net) à comparer avec une chute de -43 pour le premier trimestre. Les établissements de crédit indiquent aussi que la crise de la dette souveraine a davantage pesé sur les conditions de financement au deuxième trimestre que lors du premier.
Autre enseignement: en juillet 3% des banques ont admis que leurs propres difficultés de liquidités avaient justifié un durcissement de leurs conditions de prêts aux entreprises contre 2 % des banques interrogées en avril.
Pour les analystes de Citi, cette étude suggère que la Banque centrale européenne va devoir prendre des mesures additionnelles pour améliorer la situation. De quoi porter encore davantage les regards vers l’institution dirigée Mario Draghi qui apparaît plus que jamais comme l’ultime rempart pour sauver la zone euro du marasme.
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