Les banques du Sud gonfleront la demande sur l’opération à 3 ans de la BCE
La Banque centrale européenne mènera demain une opération inédite. Elle proposera aux banques un financement à trois ans pour un coût particulièrement attractif alors que le stress sur le marché interbancaire reste élevé. Cette opération à long terme (LTRO) a un double objectif. D’abord, permettre aux établissements de se refinancer sachant que 800 milliards d’euros d’obligations bancaires arriveront à maturité en 2012. Ensuite, inciter les banques à acheter de la dette souveraine afin qu’elles l’utilisent comme garantie pour la LTRO, à un moment où les besoins de financement des Etats sont monumentaux. Les pays de la zone euro doivent refinancer environ 150 milliards d’euros chaque mois de janvier à avril 2012.
La LTRO devrait effectivement répondre aux besoins des banques des Etats périphériques, son coût étant inférieur à celui sur le marché et l'éligibilité des actifs à apporter en garantie ayant été élargie. Selon Barclays Capital, les banques italiennes utiliseront la facilité pour 67 milliards, les irlandaises pour 52 milliards, les grecques pour 41 milliards et les espagnoles pour 34 milliards.
Au total, la demande s’annonce massive. Les banques devraient renouveler tout ou partie des deux lignes BCE arrivant à maturité, soit 430 milliards d’euros au plus. Ensuite, les établissements auront la possibilité de refinancer l’opération de refinancement à un an de fin octobre, soit 57 millards d’euros. Enfin, les banques devraient utiliser cette nouvelle ligne pour couvrir de nouveaux besoins ou faire du carry trade. La demande sera comprise entre 200 et 550 milliards d’euros, d’après les estimations de huit banques obtenues par L’Agefi. La prévision moyenne s'élève à 319 milliards d’euros.
L’effet positif de la LTRO sur la dette souveraine reste, lui, encore à prouver. Le président de la BCE, Mario Draghi, s’est montré hier sceptique dans son entretien au FT. La récente détente sur les spreads espagnols ne peut pas véritablement s’expliquer par le fait que les banques achèteraient des titres pour les utiliser comme collatéral au guichet de la BCE, préviennent les spécialistes de SG CIB. De plus, si elles utilisent des titres périphériques comme collatéral, les banques devront anticiper le risque d’une dégradation de la note souveraine sous le seuil de A-, qui alourdirait la décote appliquée, qui passerait ainsi de 1,5 % à 6,5 %.
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