Les banques contreparties des titrisations sont en recul depuis 2007
Le nombre des banques qui peuvent servir de contreparties pour émettre des titrisations notées AAA a chuté depuis le début de la crise financière. D’après Fitch, à cause des dégradations, il est passé de 250 à 60 dans le monde entre octobre 2007 et aujourd’hui. Même les plus grandes banques ont été touchées par ce mouvement qui complique et renchérit les titrisations.
Les banques font office de contrepartie à plusieurs niveaux. D’abord, elles assurent la collecte des flux financiers sur le portefeuille d’actifs auquel a été adossée la titrisation avant de les reverser au véhicule de titrisation. Si la banque fait défaut, ce dernier ne peut pas utiliser l’argent collecté pour verser les intérêts et le principal des titres qu’il émet. Deuxièmement, les banques sont impliquées dans des opérations de swaps notamment parce que les flux d’intérêts générés par les portefeuilles d’actifs sont souvent échangés contre les intérêts variables à verser sur les titres émis.
Dans le cas où les banques n’ont pas la qualité de crédit nécessaire pour ces missions, il est «nécessaire de trouver une nouvelle banque éligible qui accepterait d’assurer le rôle de contrepartie selon les mêmes conditions que la banque précédente. Ceci n’est pas évident, notamment dans le cas de swap de taux d’intérêts très structurés», explique Henri de Mont-Serrat, analyste ABS et CDO chez Natixis.
A défaut de chercher une contrepartie de substitution, les banques qui sont encore assez bien notées peuvent apporter davantage de cash en garantie pour les titrisations. C’est le cas de Morgan Stanley, placée sous surveillance négative par Fitch.
C’est en zone euro que les banques ont été plus nombreuses à passer en dessous du niveau de notation nécessaire aux tranches AAA. En Espagne, il n’y a plus que dix contreparties éligibles (contre vingt avant la crise) et sept en Italie (contre treize).
«Il est encore possible en Italie ou Espagne d’émettre des tranches seniors de titrisation notées triple A mais cela coûte plus cher. Les banques originatrices doivent apporter plus de collatéral si elles sont aussi contreparties et/ou prendre des contreparties très bien notées ce qui finit par leur coûter beaucoup plus cher», explique Jean-David Cirotteau, directeur de la recherche sur le financement structuré à la Société Générale.
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