Les banques centrales privilégient toujours le dollar comme monnaie de réserve

Elles ont massivement investi dans le billet vert au troisième trimestre selon le FMI. En vendant parallèlement des euros
Violaine Le Gall

Les réserves des banques centrales ont fortement augmenté au troisième trimestre 2010. Elles se sont accrues de 564 milliards de dollars, passant de 8.422 milliards fin juin à 8.986 milliards fin septembre, d’après les données publiées par le FMI fin décembre.

Si cette progression est impressionnante, elle est en fait due à l’appréciation des devises en réserves et des marchés obligataires plutôt qu’à des interventions des banques centrales. D’après les cambistes de Citi, les mouvements sur les marchés des changes et des obligations d’Etat ont contribué à hauteur de 554 milliards de dollars à l’augmentation des réserves au troisième trimestre.

Il n’empêche que les banques centrales ont géré activement leurs réserves, en augmentant leur détention de dollars au troisième trimestre, d’après des analystes qui ont retraité les données fournies par certaines banques centrales au FMI sur leurs monnaies de réserves. Ainsi, les achats de dollars sont passés de 19,3 milliards de droits de tirage spéciaux (DTS) au deuxième trimestre à 27,1 milliards au troisième, d’après Barclays Capital. A l’inverse, les banques centrales ont vendu des euros pour 11,5 milliards de SDR alors qu’elles en avaient acheté sur les six premiers mois de l’année.

«Les pays en développement ont tendance à naviguer contre le sens du vent, en achetant plus de dollar lorsqu’il est bas et moins quand il est fort», explique Jeffrey Young, à la recherche change de Barclays Capital. «Il est possible que les banques centrales aient renforcé leur détention de dollars par anticipation d’un rally obligataire aux Etats-Unis lié à l’annonce d’une nouvelle phase d’assouplissement quantitatif», ajoute Greg Anderson, stratégiste chez Citi.

Le statut du dollar comme principale monnaie de réserve ne semble donc pas remis en cause. Il compte pour plus de 60% des réserves contre moins de 30% pour l’euro. Durant la crise, les proportions n’ont pas significativement évolué, estime Barclays Capital.

Les analystes de Citi n’excluent pas cependant un rééquilibrage cette année. Déjà au quatrième trimestre 2010, les banques centrales auraient acheté des euros, en particulier en octobre, d’après les publications des banques centrales analysées par la banque d’investissement. Pour elle, une fois que la situation sur la dette souveraine européenne sera résolue, les banques centrales pourraient augmenter leurs interventions en faveur de l’euro.

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