Les banques centrales au chevet du marché monétaire
Si en cette fin de trimestre, la BCE se tient prête à fournir des liquidités additionnelles en cas de besoin, la BoE et la BNS sont passées à l’acte. La Fed aussi
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Tân Le Quang
En dépit de leurs mesures exceptionnelles de liquidités, les banques centrales n’ont pas réussi à résorber le dysfonctionnement des marchés monétaires, ni à réinstaurer la confiance entre banques. De plus, si les problèmes de liquidités ont jusqu’à présent concerné les banques américaines, ceux-ci commencent à se faire sentir au niveau de la zone euro, comme en témoignent les propos jeudi de la Banque centrale européenne. « La BCE continue de surveiller de très près les conditions en matière de liquidité et constate des tensions sur les taux à court terme au fur et à mesure que la fin du trimestre approche, et ce bien que les conditions en termes de liquidité soient amples, a indiqué l’autorité monétaire dans une note d’information. La BCE se tient prête à fournir des liquidités additionnelles si nécessaire ». De fait, l’écart entre l’Euribor 3 mois et le taux de refinancement a atteint hier les 73 pb, un record depuis le 29 décembre 2007, contre 39 pb début mars. Ce creusement indique que les banques sont beaucoup moins disposées à se refinancer mutuellement sur des échéances longues. Le différentiel entre l’Euribor 1 mois et le refi n’est que de 38 pb. De plus, les opérateurs du marché monétaire de la zone euro estiment, selon une enquête de Reuters, que les conditions de financement ne s’amélioreront pas rapidement, voire se détérioreront encore dans les trois mois à venir. Mais ce retour en zone dangereuse est à tempérer vu la période actuelle de fin de trimestre au cours de laquelle beaucoup de banques ont des obligations financières à honorer.
De son côté, la Banque d’Angleterre a réagi au contexte de tension en annonçant son intention de servir 13,62 milliards de livres sterling lors de son appel d’offre hebdomadaire, contre 10,93 milliards une semaine plus tôt. Hier, le Libor 3 mois atteignait les 6 %, soit 75 pb au dessus des taux de la BoE. Afin de faire face à la forte demande sur le marché helvétique, la Banque nationale suisse, elle, a offert des liquidités à un taux repo à 3 mois de 2,20 %, contre des taux d’intérêt à 2,75 % et un Libor 3 mois, en franc suisse, de 2,85 %. Outre-Atlantique, depuis la baisse des taux de la Fed de 75 pb jugée insuffisante par le marché des taux, la nervosité a refait surface sur le monétaire, comme l’indique l’écart actuel de 45 pb entre le Libor 3 mois, en dollar, et les Fed funds. Ce différentiel était nul début mars. On indiquait hier soir, que la Réserve fédérale américaine se préparait à apporter 75 milliards de dollars de liquidités aux marchés du crédit.
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