Les banques britanniques sollicitent le marché des RMBS en dollar
Lloyds a placé auprès d’un investisseur 3 milliards de dollars de titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels britanniques via Permanent
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Tân Le Quang
Les banques britanniques s’affichent comme les principaux acteurs de la réouverture du marché primaire de la titrisation européen. Après Alliance & Leceister en mai, Lloyds a placé la semaine dernière par vente privée 3 milliards de dollars de titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS) britanniques via son véhicule Permanent. L’opération, qui aurait été vendue à un seul investisseur, porte sur quatre tranches AAA de 750 millions de dollars chacune. Selon des sources de marché, le coupon pour la classe A1 a été fixé à Libor 3 mois + 140 points de base, contre 150 pb pour les trois autres.
«Pour couvrir leurs besoins de financement, les banques britanniques ont recours aux RMBS, car se financer via la dette senior leur revient plus cher, explique un trader titrisation. De fait, les CDS à 5 ans sur la dette senior de Lloyds se traitaient à 236 pb hier, contre 140-150 pb de spread à l’émission sur le Libor 3 mois pour le dernier RMBS de Permanent. Les spreads des obligations sécurisées de Lloyds, eux, se traitent à des niveaux plus étroits, autour de 105-108 pb, mais le marché primaire britannique est resté fermé et ne bénéficie pas du plan de rachat des covered bonds de la BCE.
Au vu de la défiance des investisseurs vis-à-vis de l’Europe, les banques britanniques peuvent avoir un intérêt accru à émettre en dollar plutôt qu’en euro pour diversifier leur base de financement. «Dans le contexte actuel, on peut penser qu’un corporate en zone euro avec une belle notation se financerait moins cher en dollar plutôt qu’en euro, même en intégrant le swap de change. Cela s’applique aussi aux RMBS», commente un gérant. Le 2 juin, Alliance & Leicester a placé l'équivalent de 2,1 milliards de dollars de RMBS via son véhicule Fosse, dont 71% en billet vert.
De plus, les RMBS britanniques suscitent l’intérêt des grandes banques et investisseurs américains car ils offrent une prime intéressante par rapport aux RMBS d’outre-Atlantique. «Les établissements américains qui ont des branches basées à Londres peuvent passer par ces dernières qui connaissent le marché des prêts sous-jacents britanniques», ajoute le trader. Investisseur très actif en Europe depuis fin 2009, JPMorgan semble se placer dans cette logique puisqu’elle a investi 1,5 milliard de dollars dans les trois tranches de Fosse.
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