Les banques attendraient décembre pour se financer sur 13 mois à la BCE
Censée réduire le stress bancaire, l’opération de refinancement à un an d’aujourd’hui rencontrerait une demande modeste de 50 milliards
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Violaine Le Gall
Le montant alloué lors de l’opération exceptionnelle de refinancement à un an qui sera bouclée aujourd’hui donnera une indication du stress bancaire dans la zone euro. Déjà, depuis quelques semaines, les banques ont augmenté leurs demandes au guichet de la BCE. Et cette hausse de la demande ne vient plus seulement des prêteurs des pays périphériques. Les établissements français ont fortement augmenté leur utilisation du guichet de la BCE, de 19,6 milliards en juillet à 86,7 milliards d’euros en octobre, le plus haut niveau depuis juin 2010, ce qui reste toutefois inférieur aux 104 milliards d’euros actuellement empruntés par les banques italiennes, d’après ING.
Parallèlement, la facilité de prêt marginal est très utilisée depuis début octobre, tout comme la facilité de dépôt sur laquelle les banques préfèrent placer leurs liquidités, au lieu de les prêter sur le marché interbancaire.
Malgré ces tensions, les observateurs s’attendent à une demande relativement modeste lors de l’opération à un an (LTRO) d’aujourd’hui. Le dispositif devrait surtout être utilisé par des banques qui ont participé à la précédente LTRO à trois mois de 84 milliards d’euros : celle-ci arrive à maturité. Les stratégistes s’attendent à une demande d’environ 50 milliards d’euros. L’opération n’offre pas des conditions aussi avantageuses que la première de ce type en juin 2009, qui avait porté sur 442 milliards d’euros, car l’Eonia traite à présent sous le refi. Par ailleurs, elle se fera au taux moyen des opérations principales de refinancement (MRO) sur la période et non pas à un taux fixe, ce qui empêchera les banques de se couvrir. Certains établissements pourraient enfin continuer à se positionner sur des opérations à 3 mois pour éviter d’immobiliser du collatéral sur une trop longue période.
La prochaine opération LTRO à treize mois du 21 décembre «nous semble plus intéressante pour les banques que celle d’aujourd’hui, explique Cyril Regnat, stratégiste taux chez Natixis. La BCE pourrait en effet baisser son taux directeur d’ici décembre, ce qui abaisserait le coût de financement de la LTRO. Par ailleurs, elle permettra de gérer deux passages de fin d’année», en 2011 et 2012. Les dépôts auprès de la BCE devraient, après ces opérations, encore progresser car les banques laisseront les fonds empruntés sur la facilité de dépôt, ajoute-t-il. Parallèlement, l’Eonia et l’Euribor devraient chuter.
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