Les banques anticipent le retour des opérations exceptionnelles à un an de la BCE
La banque centrale a servi hier 141 milliards d’euros lors d’une opération à 3 mois, soit un peu moins que le montant attendu
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Violaine Le Gall
La Banque centrale européenne a alloué hier matin 140,6 milliards d’euros lors d’une opération de refinancement à long terme (LTRO) à 3 mois intégralement servie aux 214 établissements participants. Le montant alloué dépasse les 132 milliards d’euros de lignes qui arrivaient à maturité. Mais il est inférieur à ce qu’anticipaient les spécialistes il y a quelques jours encore. D’après eux, les banques auraient pu emprunter jusqu'à 150 milliards d’euros compte tenu des tensions sur le marché monétaire.
Mais, depuis quelques jours, les marchés et les économistes s’attendent à une réintroduction des LTRO à 12 mois, ce qui semble avoir légèrement modifié le comportement de banques, tout comme les anticipations d’une baisse du taux directeur dès le 6 octobre. Certaines peuvent avoir choisi d’attendre une prochaine opération à un an plutôt que de s’engager sur 3 mois. En reprenant ces opérations exceptionnelles, qui s'étaient arrêtées en décembre 2009, la BCE apaiserait nettement les tensions sur la liquidité à long terme.
C’est en effet sur ce segment que les difficultés se concentrent, contrairement à la liquidité court terme. Le spread OIS/Bor, qui traduit les tensions dans le marché à l'égard du risque de contrepartie, ressort à 80 pb contre 36 pb début août. Il n’a pas atteint les niveaux extrêmes de fin 2008 car la BCE continue de servir intégralement les banques, explique Patrick Jacq, stratégiste taux chez BNP Paribas dans une note du 22 septembre.
En attendant le lancement des opérations exceptionnelles en dollar le 12 octobre prochain, le marché interbancaire sur le billet vert reste lui aussi tendu. Le taux Libor à 3 mois en dollar a augmenté pour le quatorzième jour hier, à 0,368 %, son plus haut niveau depuis août 2010. Le spread OIS/Bor en dollar s'élève à 28 pb contre 12 pb début août. Dans ce contexte, une banque européenne a continué hier d’utiliser le guichet de la BCE pour se financer en dollar. Pour la deuxième semaine consécutive, la banque centrale a en effet reçu une demande de financement à sept jours pour 500 millions de dollars. «Il pourrait s’agir d’une petite banque européenne qui a un fort besoin de dollars et qui n’a pas accès à ce marché, même à un horizon d’une semaine, une maturité sur laquelle la liquidité en dollar est accessible aux autres banques», avancent les stratégistes taux de Barclays Capital.
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