Les autorités chinoises maintiennent la pression sur le marché interbancaire
La flambée du crédit atteint des sommets en Chine. Selon le Wall Street Journal, la crise du marché interbancaire en Chine serait parti d’une flambée des crédits à un niveau « jamais connu » de 1.000 milliards de yuans (125 milliards d’euros) sur les dix premiers jours de juin. Sur ce montant, 70% serait constitués de prêts hors bilan. De quoi contraindre la Banque Populaire de Chine (PBOC) à prendre des mesures drastiques de restriction de la liquidité qui touchent surtout les petites banques. «Les sept plus importantes banques chinoises sont davantage prêteuses sur le marché interbancaire qu’emprunteuses. Mais les plus petits établissements ont été dépendants du marché interbancaire pour 40% de leurs financements depuis fin 2011», estime GaveKal.
Les petits prêteurs se sont largement tournés vers les produits de gestion de fortune pour contourner le durcissement des exigences sur le ratio prêts sur dépôts et ont été contraintes d’emprunter auprès d’autres banques pour rembourser les investisseurs dans ces produits qui offrent des rendements plus attractifs que les taux de dépôts ordinaires. Le développement de la finance de l’ombre en Chine tient au fait que 97% des 42 millions de PME chinoises n’arrivent pas à obtenir de financement, et les taux de dépôts restent faibles pour les épargnants, estime Citic Securities.
«Le refus initial de la PBOC de procéder à des injections de liquidités dans le marché pour soulager les taux a convaincu les investisseurs que les autorités étaient sérieuses sur le fait de freiner la croissance du crédit», indique GaveKal. Une décision saluée par les économistes qui y voient un signe de rééquilibrage de l'économie chinoise. Après être venue au secours des institutions financières la semaine dernière, la PBOC a décidé de ne pas conduire ses opérations d’open market cette semaine, alors que 46 milliards de yuans de titres arrivent à maturité.
Le taux au jour le jour chutait de 64 points de base (bp) cette nuit pour revenir à seulement 3,78%, et le taux à sept jours de 74 bp à 4,71%, alors qu’ils avaient grimpé à respectivement 13,91% et 25% le 20 juin dernier au plus fort de la crise du marché interbancaire. Le taux à 7 jours reste néanmoins encore supérieur à sa moyenne de 3,30% depuis le début de l’année. Le rendement moyen des obligations indexées en yuan à Hong-Kong s’est toutefois envolé de 153 bp à un record de 5,06%. Parallèlement, les obligations chinoises libellées en dollar ont chuté de 6,1% au deuxième trimestre, la plus forte chute depuis le lancement de l’indice Bank of America Merrill Lynch en 1999. RBS estime néanmoins que le risque reste faible que cette crise prenne une dimension systémique.
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