Les autorités antitrust ont eu la main lourde en 2016
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Philippe Mudry
Si la mondialisation a du plomb dans l’aile, comme beaucoup veulent le croire, cela n’empêche pas les multinationales de sentir le poids de la coopération internationale entre autorités spécialisées dans la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles.
Jamais elles n’ont eu la main aussi lourde qu’en 2016 : selon une étude du cabinet d’avocats Allen & Overy, les 20 autorités les plus actives ont infligé quelque 6,7 milliards de dollars de pénalités contre moins de 5,5 en 2015, soit une hausse de plus de 20%.
C’est l’Union européenne, sous la houlette de sa commissaire à la concurrence Margrethe Vestager, qui explique l’essentiel de ce record : ses amendes ont été multipliées par 10 en un an, celle de plus de 3 milliards infligée à cinq producteurs de poids lourds pesant pour plus des ¾ du total.
Les autorités indienne et sud-coréenne se sont aussi distinguées par leur agressivité, à l’inverse des Etats-Unis, très pugnaces en 2015 mais bien plus accommodants en 2016 avec un recul des amendes de 85%.
Dans tous les autres pays, la tendance est à la hausse, souvent plus modeste mais réelle.
Ces chiffres soulèvent bien des questions, dont celle de savoir où cette sévérité universelle croissante trouvera sa limite. On notera à ce propos que les chiffres concernant l’Europe n’incluent pas les amendes infligées dans chacun des Etats membres, tous très actifs sous ce rapport, notamment la France.
Autre question, la coopération internationale survivra-t-elle à la vague antimondialisation qui déferle sur les pays développés ? Si elle se confirmait, la coopération antitrust en serait affectée, note Allen & Overy.
L’attitude de l’administration Trump sera, dans ce domaine aussi, déterminante.
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