Les atermoiements sur la dette américaine laisseront des traces
Les atermoiements sur le relèvement du plafond de la dette aux Etats-Unis commencent à lasser. Si un accord s’est dessiné in extremis hier soir, «la réputation des Etats-Unis restera entachée à plus long terme» par ce nouvel épisode, estime la Société Générale. Le projet évoqué, pourtant rejeté mardi par Barack Obama, ne fait que repousser le problème en reconduisant le financement de l’administration fédérale jusqu’au 15 janvier et en assurant le relèvement du plafond de la dette jusqu’au 7 février, avec une réouverture des services de l’Etat. «Un accord provisoire pourrait suffire à éviter des ondes de choc sur les marchés mondiaux, mais ce ne sera pas sans répercussion sur la croissance économique», ajoute la SG.
Hier, le CME a relevé de 12 points son taux d’appel de marge sur les opérations de swaps de taux (IRS), qui pèse 500.000 milliards de dollars de volumes mondiaux, afin de se prémunir contre un accroissement de la volatilité à l’approche de l’échéance de cette nuit, dernier délai accordé aux élus pour trouver un accord et éviter l'épuisement de la capacité de financement de l’Etat. Le Hong Kong Exchanges & Clearing avait déjà augmenté le niveau des garanties exigées sur les titres américains à court terme. Mardi, le Trésor américain a adjugé 35 milliards de dollars de titres à trois mois, mais avec un ratio de couverture le plus faible depuis juillet 2009.
Fitch a symboliquement placé mardi le «AAA» américain sous perspective négative en évoquant une «politique de la corde raide», alors que Warren Buffett comparait hier le blocage au Congrès à une «arme politique de destruction massive». Si le statut du dollar comme monnaie de réserve internationale n’est pas remis en cause, sa réputation pourrait en souffrir. Citigroup indique ainsi qu’une dégradation du «AAA» américain par Fitch «pourrait être dommageable pour le dollar», nombre de banques centrales ayant des exigences en termes de dette notée AAA à détenir dans leur portefeuille.
Le Japon et la Chine, qui détiennent respectivement 1.277 et 1.135 milliards de dollars de Treasuries, ont appelé les élus américains à la raison. Si le taux américain à 10 ans se maintient à 2,74%, la courbe des CDS à 5 ans est désormais inversée par rapport à l’année dernière et le rendement des titres arrivant à maturité le 24 octobre ont progressé de 15 points de base à 0,61%, ce qui traduit un risque de défaut immédiat.
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