Les assureurs japonais affichent leur appétit pour la dette étrangère
Le déferlement de liquidités en provenance du Japon sur les marchés de la dette européenne se fait toujours attendre. Depuis l’annonce le 4 avril par la Banque du Japon (BoJ) d’un doublement de la masse monétaire sur deux ans destiné notamment à financer le rachat de titres d’Etat japonais, les marchés considèrent que cela va pousser les investisseurs domestiques en mal de rendement à chercher des relais à l'étranger.
Le programme d’assouplissement quantitatif massif de la BoJ a conduit à faire chuter les taux d’emprunt japonais à 10 ans, rendant ainsi la classe d’actif moins attractive. Dans le même temps, ces annonces ont entraîné une baisse des taux obligataires souverains en Europe. Mais ce sont avant tout les anticipations d’un afflux de capitaux japonais qui justifient cette détente.
Les dernières statistiques hebdomadaires publiées par le ministère japonais des finances montrent en effet que les Japonais sont restés vendeurs nets d’obligations étrangères au cours des deux semaines qui ont suivi les annonces de la BoJ. Sur la semaine du 14 avril au 20 avril, les résidents nippons ont été vendeurs nets de bons et d’obligations étrangers, à hauteur de 862 milliards de yens (environ 6,6 milliards d’euros).
Mais la tendance pourrait s’inverser au cours des prochaines semaines si l’on se base sur les déclarations de Nippon Life Insurance et Asahi Mutual Life. Les deux plus grands assureurs japonais ont indiqué cette semaine qu’ils pourraient augmenter leur allocation d’actifs étrangers. Les assureurs vie Meiji Yasuda Life et Sumitomo Life Insurance ont eux expliqué qu’ils continueraient d’investir une part conséquente de leurs fonds dans les obligations domestiques, bien que les rendements ne soient pas très attractifs mais ils n’excluent pas de se tourner aussi vers les actifs étrangers, à hauteur de 500 milliards de yens pour le premier cette année, a rapporté mercredi le Wall Street Journal.
Pour les économistes de Natixis, l’Europe n’aura pas forcément leur faveur. «Même à supposer que la dépréciation du yen rende les opérations de portage plus intéressantes pour les investisseurs japonais et les conduisent à se tourner davantage vers l’étranger, il est plus probable qu’ils continuent à investir sur le marché de la dette souveraine américaine, et les marchés voisins tels que l’Australie, plutôt que les marchés obligataires européens qui offrent des combinaisons rendements - notations moins attractives», jugent Sylvain Broyer et Kohei Iwahara dans une note.
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