Les assureurs défendent leur liberté d’investissement face à Arnaud Montebourg
Après les banquiers lundi, les assureurs sont reçus ce matin à Bercy. Arnaud Montebourg rencontre Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), deux jours après ses propos tonitruants sur l’assurance vie.
Il serait possible d’«augmenter le degré de contrainte sur les compagnies d’assurance pour qu’elles décident d’investir dans des proportions plus importantes dans les grandes entreprises de notre pays», a déclaré mardi soir le ministre de l’Economie, auditionné sur le dossier Alstom à l’Assemblée nationale. «Nous avons nos fonds de pension mais on ne les utilise pas ! Cette question, on va la poser aux assurances, aux fonds de retraite mutualistes».
Un discours à contre-courant de la promesse du Président de la République de ne plus toucher à la fiscalité de l’épargne de long terme «jusqu’à la fin du quinquennat». François Hollande a garanti en janvier la stabilité «des mesures qui incitent à l’investissement, et de la fiscalité de l'épargne, aussi bien pour l’assurance vie que pour le plan d'épargne en actions (PEA)». La profession avait applaudi, déjà soulagée par les conclusions du rapport parlementaire Berger-Lefebvre sur l’assurance vie.
«Les propos d’Arnaud Montebourg sont surprenants à la veille du lancement des contrats vie-génération et eurocroissance censés révolutionner l’assurance vie, estime un assureur. Ces produits doivent justement permettre d’investir davantage en actions». Même si, comme le PEA-PME et le Fonds stratégique de participation, ils ne sont pas orientés vers les plus grands groupes cotés. Par ailleurs, «la réglementation européenne prévoit que les Etats «n’exigent pas des entreprises d’assurance qu’elles investissent dans des catégories d’actifs prédéterminées», rappelle Arnaud Chneiweiss, secrétaire général adjoint du Groupement des entreprises mutuelles d’assurance. De plus la directive Solvabilité 2 va considérablement alourdir la charge de solvabilité des investissements en actions». Sans oublier la taxe sur les transactions financières.
A fin 2013, 18% des encours de l’assurance vie française étaient composés d’actions d’entreprises françaises ou étrangères (347 milliards d’euros), selon la FFSA. Un niveau égal à 2003 mais inférieur aux 25% de fin 2007, juste avant la crise financière. L’engouement pour les obligations a toutefois permis de porter la part des actifs de sociétés (dette, actions et immobilier) de 50% à 58% en dix ans.
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