Les anticipations de hausse des taux de la Fed reviennent à un plancher
Aux yeux du marché, la Fed est loin de marcher sur les pas de la BCE. Hier, les taux swaps à 2 ans américains, qui font partie des outils de mesure des anticipations de taux, ont touché hier un plus bas en 2011 à 0,688%. D’après RBS, les contrats futures juin 2012 voient les Fed funds à cet horizon à 0,405%, «leurs plus bas depuis le 8 novembre 2010, c’est-à-dire deux jours après la mise en place du QE2 du 4 novembre». Les anticipations à 12 mois, telles que mesurées par un indice de Credit Suisse, ne tablent plus que sur 23,5 pb de hausse, contre un plus haut en 2011 de 53,8 pb le 7 avril. A contrario, pour la BCE, 90 pb de hausse sont attendus d’ici un an.
Ces réactions de marché, qui creusent le différentiel de taux entre les Etats-Unis et l’Europe en défaveur du dollar, surviennent à un moment où l’économie américaine envoie des signaux encore trop mitigés. Hier encore, la publication de mises en chantier et de permis de construire en nette baisse en avril a témoigné de la poursuite de la crise immobilière.
Sur le front de l’inflation, les prix à la consommation ont augmenté de 0,4% en avril, portés par une envolée de 2,2% des prix énergétiques. L’inflation totale est ressortie en hausse de 2,7% à 3,2%. Reste que la dynamique de l’inflation sous-jacente, elle, demeure contenue. La NABE a rappelé que l’indice core reste faible à 1,3% en avril et devrait rester sous les 2%, à 1,6% en 2011 et 1,7% en 2012, ce qui devrait pousser la Fed à ne pas augmenter ses taux avant début 2012.
De même, malgré les 244.000 embauches supplémentaires dans le secteur non manufacturier en avril, Crédit Agricole CIB estime que la Fed souhaitera voir la hausse des emplois se poursuivre pendant une certaine période afin d’être sûre que le redressement soit auto-suffisant. Le taux de chômage, qui a crû de 8,8% à 9% entre mars et avril, mettra probablement du temps à se contracter.
D’après Deutsche Bank, avec une croissance potentielle du PIB réel qui devrait probablement être dans les environs de 2 à 2,5% et une inflation qui devrait revenir à 2 %, il ne serait pas déraisonnable de voir le taux de neutralité des Fed funds revenir vers les 4%. Pour autant, la banque allemande précise qu’il se peut que la Fed mette un peu plus de trois ans pour normaliser ses taux directeurs à un tel niveau. Mais cela laisserait un potentiel important de hausse des Fed funds en 2012 et début 2013.
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