Les aides aux régions espagnoles gonflent le déficit public
Mauvaise note pour les régions espagnoles. Moody’s a dégradé de deux crans la dette de l’Andalousie, la Catalogne et Murcie et d’un cran celle de l’Extrémadure et la Castille. L’Andalousie et l’Extrémadure sont tombées dans la catégorie spéculative.
«L’abaissement de rating de cinq régions reflète leur dépendance à la liquidité apportée par l’Etat» via le Fonds régional de liquidité, «pour couvrir leurs échéances du second semestre 2012», relèvent des analystes du courtier Tullett Prebon.
Ce Fonds régional de liquidité, doté de 18 milliards d’euros, est en voie d’être complètement épuisé par les demandes successives d’aide de huit régions espagnoles, incapables de rembourser leurs crédits avant la fin de l’année. Le montant global de l’aide sollicitée totalise déjà 17,2 milliards d’euros tandis que la dette totale des régions se chiffre à 140,6 milliards d’euros, soit 13,1% du PIB espagnol, précise le courtier. Les dernières demandes en date ont été formulées par les Asturies et les Baléares, qui ont respectivement réclamé 62 millions et 355 millions d’euros. La dette publique des Baléares est particulièrement élevée: elle atteint 4,6 milliards d’euros, soit 17,5% de son PIB, bien au-dessus de la moyenne de 14,2% des 17 régions espagnoles, selon des estimations de la Banque d’Espagne.
Les experts estiment que les aides aux régions et celles aux banques pèseront sur l’endettement espagnol. Faute de recapitalisation directe par les fonds européens, le sauvetage du secteur financier risquerait de faire grimper la dette publique jusqu’à 85,3% du PIB fin 2012, tandis que «celui des régions la ferait augmenter jusqu’à 94-96%», estime Miguel Angel Bernal de l’Institut d’études boursières, ce qui obligerait Madrid à réviser ses prévisions à la hausse.
Pourtant, l’Espagne assure pouvoir atteindre en 2012 ses objectifs de déficit, incluant celui des régions et de la sécurité sociale, à 6,3% du PIB. Mais la Banque d’Espagne table sur une contraction du PIB de 1,7% en 2012, et prévoit que le déficit public pourrait dépasser l’objectif fixé pour cette année. Des estimations qui sont pour Miguel Angel Bernal plus réalistes que celles du gouvernement, qui prévoit un repli du PIB de 1,5% en 2012 et de 0,5% en 2013. Hier, la Banque d’Espagne a annoncé un cinquième trimestre d’affilée de contraction du PIB à fin septembre, de 0,4%.
Plus d'articles du même thème
-
Nicolas Namias est renouvelé à la tête de BPCE
Le conseil de surveillance a renouvelé le mandat du président du directoire de BPCE pour quatre ans à l'unanimité. -
Kerialis a confié la gestion de son portefeuille de retraite à Sienna et Axa
Le fonds de retraite professionnelle supplémentaire des salariés des cabinets d'avocats met fin à une délégation de gestion de vingt ans confiée à Axa et a sélectionné deux mandataires pour gérer en direct un portefeuille de 1,37 milliard d'euros. -
L'AFG promeut dans un livre blanc la retraite supplémentaire par capitalisation
A l'occasion du Paris Finance Forum organisé ce 9 juin par Paris Europlace, Philippe Setbon, le président de l'association professionnelle, a annoncé la sortie d'un livre blanc promouvant ce régime pour relancer le débat à un an de l'élection présidentielle. -
Rubis contient les nouvelles ambitions d’un actionnaire activiste
Le premier investisseur du spécialiste de la distribution de produits pétroliers n’est pas parvenu à ses fins lors de l’assemblée générale du groupe. -
La Banque du Canada laisse son taux inchangé à 2,25%
Alors que le PIB s’est contracté au premier trimestre, le comité de politique monétaire canadien considère que l’inflation à 2,8% n’est que temporaire, ce qui ne nécessite pas d’intervenir sur les taux. -
Alstom verdit son financement avec une nouvelle obligation hybride
L’émission de 700 millions d’euros conforte, pour l’heure, la notation prisée de l’émetteur en catégorie investisseurs.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
Contenu de nos partenaires
-
Souffler sur les braisesViolences à Belfast : pourquoi les émeutes éclatent si vite au Royaume-Uni
De violentes manifestations anti-immigrés ont éclaté mardi soir dans la capitale de l'Irlande du Nord, après une attaque au couteau attribuée à un ressortissant soudanais -
Voix basseAffaire Lyhanna : pourquoi le RN choisit la retenue
D'ordinaire prompt à s'emparer des faits divers pour imposer ses thèmes de prédilection, le RN réagit avec davantage de retenue à l'affaire Lyhanna. Et mise moins sur la surenchère que sur la dénonciation d'une faillite globale de l'Etat -
« Une célébrité surcotée » : Anthropic publie une version sécurisée de Mythos, son IA surpuissante
Anthropic dévoile une version bridée de son IA ultra puissante. Une annonce retentissante qui sert une stratégie de communication bien huilée : l’accès au public est en fait bordé par des tarifs dissuasifs et des garde-fous stricts