Les actions valorisent toujours une chute de 40 % à 50 % des bénéfices
L’Agefi : Pourquoi anticipez-vous une stabilité des Bourses européennes d’ici à la fin de l’année ?
Yves Maillot : Depuis le mois de mars, le retour à l’optimisme résulte d’un arrêt de l’effondrement de l’activité qui a caractérisé la fin 2008 et le début 2009. Anticiper un retour rapide et significatif de la croissance relève plus de l’espoir que de la certitude, en particulier en Europe, car les plans de relance y sont plus modestes qu’outre-Atlantique. De plus, la nouvelle tendance baissière du dollar entraîne une pression supplémentaire sur les exportateurs européens. Simultanément, les Bourses ont réalisé un redressement spectaculaire (+35 % sur les points bas). D’un strict point de vue technique, une poursuite de ce mouvement est plus difficile à court terme, à l’approche de points de résistance. Si l’amélioration de conjoncture se produisait, la hausse des cours pourrait de nouveau se matérialiser en fin d’année, mais laisse peu de potentiel par rapport aux niveaux actuels.
Attendez-vous de nouvelles révisions à la baisse des bénéfices pour 2009 et 2010 ?
Malgré le fort rebond depuis trois mois, les actions valorisent toujours une chute de 40 % à 50 % des bénéfices. Cela étant, la masse globale des profits s’est encore amoindrie après les résultats définitifs de 2008 (impact très fort des financières) et les révisions baissières se réalisent encore sur 2009 pour aboutir à un recul de 10 % à 15 %. L’effet de la récession est donc intégré dans les prix, ce qui signifie qu’une poursuite de la hausse des Bourses repose sur des anticipations de reprise bénéficiaire pour 2010.
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