Les actions européennes hésitent entre un scénario à la 1998 ou à la 1999
Les actions mondiales font du surplace depuis un mois désormais. Faut-il voir dans cette pause un coup d’arrêt définitif au mouvement haussier qui s’est dessiné depuis mi-2012 en Europe et s’est accéléré au premier trimestre ? Nous ne croyons pas, et estimons que l’environnement pour les actifs risqués reste celui d’un bull market, alimenté par l’effet d’éviction généré par le Quantitative Easing de la BCE sur l’épargne privée gérée par les investisseurs institutionnels.
Pour autant, comme évoqué dans notre chronique du mois dernier, un certain nombre de phénomènes pourraient remettre en question notre conviction sur l’environnement actuel, au premier rang desquels un défaut grec bien évidemment. Ce sont d’ailleurs bien les tensions autour de la dette grecque qui empêchent l’Euro Stoxx de rebondir plus fortement aujourd’hui. La courroie de transmission des incertitudes actuelles sur les marchés actions est simple: la hausse du taux d’intérêt à 10 ans de la zone euro (pondéré selon la capitalisation dans l’Euro Stoxx), passé de 0,5% à 1,3% aujourd’hui, réduit d’autant la prime de risque des actions européennes et avec elle les objectifs de moyen terme au regard des anticipations de bénéfices. Le potentiel de l’Euro Stoxx varie ainsi de -10% au taux actuel à +15% si les taux refluent à leur niveau de début avril.
Pour le moment, nous restons confiants quant à la capacité des institutions européennes à trouver une issue positive (pour quelques mois) aux problèmes de liquidité de la Grèce, et permettre ainsi aux taux d’intérêts de retrouver des niveaux plus raisonnables. Si une annonce va dans ce sens dans les jours à venir, nul doute que le potentiel de +15% évoqué le mois dernier se matérialisera, au regard du comportement des marchés actions européens dans un bull market selon les normes historiques. Au contraire, si les négociations actuelles ne débouchaient sur aucun accord, notre scénario central serait un reflux très brutal des marchés, à l’image du choc d’octobre 1987 et de la crise asiatique de 1998 (cf. notre chronique du 15 avril dernier).
En conséquence, les marchés actions européens pourraient évoluer dans deux directions opposées selon les décisions politiques qui seront prises d’ici un mois. Dans ces conditions, liquidité, réactivité et volatilité devraient être les maîtres mots pour les investisseurs.
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