Les actions allemandes endossent un statut de valeur refuge
Depuis le début de l’année, l’indice DAX croît de presque 2 %, contre une chute de 9,9 % pour le CAC 40 et de 4,4 % pour le FTSE 100
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Tân Le Quang
La défiance des marchés vis-à-vis de la zone euro ne concerne pas le DAX. Depuis janvier, l’indice boursier allemand progresse de 2%, contre un recul du FTSE 100, du CAC 40 et de l’IBEX 35, dans l’ordre, de 4,4%, 9,9% et 20,3%. Le S&P, lui, s’est aussi contracté de 2,5%, hors effet de change. D’après Equiduct OrangeLFA, côté trading, la part de marché (sur la base de 1.100 valeurs européennes) du Xetra est passée de 13,7%, en janvier, à 18,9% en mai (sur la base de 1.200 valeurs) au détriment du LSE, de Turquoise et de Nasdaq OMX.
Lors de la dernière semaine de mai, selon EPFR, les flux entrants dans les fonds actions européens ont crû de 1,46 milliard de dollars, avec une focalisation sur les actions allemandes. «Outre le fait que les fonds internationaux et américains ont réduit leur exposition aux actions européennes pour ne garder qu’une exposition aux actions allemandes, les investisseurs semblent effectuer des arbitrages, non plus par secteur, mais par risque pays», note Christian Parisot, économiste chez Aurel BGC. Selon l’économiste, la notion de fuite vers la qualité, qui profite généralement au marché obligataire- à l’image du statut de valeur refuge endossé par le Bund – s’est transposé à la Bourse de Francfort. Une première depuis la création de l’euro.
Mais ce mouvement laisse une situation où les fondamentaux des valeurs sont ignorés. Les valeurs financières allemandes, qui pèsent 19% du DAX, contre 17% pour le CAC 40, baissent depuis avril de 11%, selon Aurel BGC, contre 26% en moyenne pour les valeurs financières européennes et 19% pour les françaises. Pourtant, le système bancaire allemand est fragilisé par la faiblesse des banques publiques et semble le plus exposé à la dette grecque.
Les marchés ont effectué une rotation des petites capitalisations et des valeurs de croissance vers les grandes capitalisations et la value en Europe. Aux États-Unis, la rotation a surtout bénéficié aux petites capitalisations.
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