«Les acteurs sous-pondèrent l’Europe au profit du crédit américain»
L’Agefi: Quelles sont vos perspectives pour le marché du crédit?
Erick Muller : Les données économiques pour 2012-2013 sont moroses mais nos portefeuilles n’intègrent pas un scénario de récession globale ou paneuropéenne. Une croissance faible conforte certains arguments favorables au crédit : la volatilité actions restera élevée, les banques centrales maintiendront des taux bas et une liquidité abondante et les entreprises n’engageront pas d’opérations coûteuses en capital sans perspectives très solides, leur politique d’émission devant rester claire pour les porteurs d’obligations, partenaires essentiels dans un cadre de «deleveraging» des banques. Cela dit, la dispersion des résultats macroéconomiques en Europe impose des valorisations différentes entre émetteurs d’un même secteur selon leur exposition domestique.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie ?
Les portefeuilles ne peuvent ignorer les risques extrêmes. Ceux-ci poussent les acteurs à sous-pondérer l’Europe au profit du crédit américain - conséquence d’un net allègement sur la périphérie de la zone euro -, à surpondérer les secteurs défensifs et à alléger les financières (surtout sur l’Europe). En termes de valorisation, l’énergie et l’immobilier américain sont intéressants. Les industries de base n’ont pas encore atteint des valorisations attractives compte tenu du risque macro. Pour les portefeuilles mixtes, nous maintenons une exposition sur le high yield inférieure à celle du début d’année tout en cherchant des points d’entrée, notamment sur les titres non bancaires à la limite de l’investment grade. Une fois les marchés rassurés sur l’euro, le rendement du segment sera attractif.
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