Les acteurs du marché obligataire surveillent l’application de MIF 2

Certains redoutent que la régulation européenne réduise la liquidité sur le marché. Euronext voit dans MIF 2 une opportunité
Solenn Poullennec
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La régulation européenne pourrait nuire à la liquidité du marché obligataire selon certains de ses acteurs. Ceux-ci ont jusqu’au 1er août pour faire valoir leur point de vue auprès de l’autorité des marchés financiers, l’Esma, qui a ouvert une consultation sur l’application de la régulation MIF 2.

«Les régulateurs ne comprennent pas grand-chose au marché obligataire, dont ils ont calé la réglementation sur celle du marché actions, ce qui est un défaut de conceptualisation», déplore Arnaud de Bourrousse, président du directoire d’Octo Finances, intermédiaire sur les marchés obligataires. A ses yeux, «le marché obligataire fonctionne très bien».

En cours d’application, MIF 2 veut imposer plus de transparence pré et post-négociation pour les titres obligataires liquides. D’où l’importance pour l’Association française des marchés financiers (Amafi) de bien définir ce qui est liquide ou non. «Plus il y a de transparence pré et post-négociation, plus le market maker supporte de risques et moins il est incité à engager son capital pour traiter, explique Emmanuel de Fournoux. Dans un marché peu liquide, il faut faire attention car les market makers peuvent être conduits à se désengager. La liquidité entre alors dans une spirale négative».

«Dans un contexte où certains estiment que les fortes contraintes sur le levier, le ratio de liquidité à long terme, etc., devraient amener l’industrie à diminuer sensiblement le niveau des fonds propres alloués à l’activité obligataire, on risque de rajouter une contrainte sur les market makers», souligne Stéphane Giordano, à la Société Générale. Selon lui, la régulation pourrait encourager le développement des plates-formes de demande de prix à plusieurs contreparties (request for quote) et les plates-formes avec carnet d’ordres comme celle lancée par Euronext (Bondmatch) même si ce dernier modèle «peut paraître moins attirant pour traiter des tailles importantes».

«Sur le marché institutionnel, la réglementation va favoriser le passage sur les plates-formes transparentes de type MTF (plate-forme alternative) pour les petites et moyennes tailles d’exécution», défend Nathalie Masset, chez Euronext. Pour certains, Bondmatch reste cependant inadaptée aux besoins : «L’idée de Bondmatch, c’est de laisser des ordres, mais on ne peut pas se le permettre car les marchés décalent très vite», assure Talabor Szabo, président d’Octo Groupe.

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