Les ABS émis avant la crise résistent mieux que les CMBS
Le taux de défaut sur les produits structurés européens s'élève à 1,2 %, un chiffre relativement bas mais qui cache de fortes disparités
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Violaine Le Gall
Les titrisations européennes émises jusqu’en 2007 se sortent sans trop de casse de la crise pour le moment. Le taux de défaut cumulé depuis mi-2007 ressort à 1,2% d’après la dernière étude de Standard & Poor’s, alors qu’il atteint 9,7 % pour le marché américain. Ainsi, 23,3 milliards d’euros de titres ont fait défaut sur la période sur un encours de 1.884 milliards. Mais la sinistralité varie fortement selon les actifs titrisés. Le taux de défaut des CMBS, sur l’immobilier commercial, depuis mi-2007 s'élève à 3%, contre 0,2% pour les ABS, qui sont adossés à des prêts à la consommation, et 0,1% pour les RMBS, liés à l’immobilier résidentiel.
Sur douze mois glissants, le taux de défaut est même en baisse à 0,54 % contre 0,64 %. Ce mouvement s’explique par le recul des défaillances sur les CMBS et les crédits structurés. Depuis le premier trimestre 2010, le taux de défaut de ces produits avait grimpé pour atteindre près de 4,5% et 2,2% respectivement au cours du premier trimestre 2011. Ils sont finalement retombés à moins de 4% et de 2% à fin juin.
La finance structurée n’est pas pour autant sortie d’affaire. «L’amélioration pourrait être de courte durée compte tenu des défis que représentent les refinancements des prêts sous-jacents et le nombre important de prêts arrivant à maturité dans les prochaines années», rappelle l’agence de notation.
Les décisions récentes de Standard & Poor’s, reflètent aussi cette prudence. La part des véhicules dégradés par l’agence est en effet en hausse. Ce taux atteint 12,9% sur douze mois glissants au deuxième trimestre contre 8,5 % à fin mars. Il se rapproche du pic de 13,3% de juin 2010, qui avait été suivi par un recul à près de 8%. La nouvelle remontée du taux de dégradation s’explique non seulement par la mauvaise performance des actifs sous-jacents et par un risque pays en hausse, mais surtout par la mise à jour du critère de S&P sur le risque de contrepartie.
La tendance ne devrait pas s’inverser dans les mois qui viennent. «La faiblesse de l’activité économique dans plusieurs pays européens et la crise de la dette souveraine pourraient accroître la pression sur les notes des produits structurés dans les prochains mois», souligne l’agence. Les CMBS, en particulier, pourraient encore être dégradés compte tenu de l’interruption de la reprise économique et de l’arrivée à maturité de nombreux prêts.
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