L’érosion de la crédibilité américaine relance les anticipations d’un QE3
Après les chiffres d’activité décevants et la probabilité d’une dégradation du AAA, les marchés n’anticipent plus de hausse de taux avant mai 2013
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Patrick Aussannaire
On avait peut-être enterré trop vite l’idée, controversée, d’un éventuel QE3. Un mois après la fin du deuxième volet du programme d’assouplissement monétaire (QE2) mis en place par la Fed, les marchés n’anticipent plus de hausse des taux directeurs avant mai 2013, et le dollar est à son plus bas niveau contre le franc suisse et le yen. «Les hésitations américaines ont entamé la confiance dans la première économie mondiale et pénalisé la croissance», estime CM-CIC. Et L’Etat ne dispose plus de marges de manœuvre pour amorcer une politique de relance budgétaire.
Ben Bernanke, le président de la Fed, a indiqué en juillet que la Fed pourrait prendre de nouvelles mesures si l’économie calait. Or, la croissance au premier semestre a été décevante malgré les baisses d’impôts et les capacités de production restent excédentaires selon le Bureau d’analyses économiques. De plus, la récession a été plus forte que prévu et le PIB est en dessous de son point haut de 2006. La société de gestion GaveKal estime que pour que les prévisions de la Fed d’une croissance de 2,7%-2,9% en 2011 se concrétisent, l’activité doit croître à un rythme annualisé de 4,7% au second semestre. Or, Natixis considère que «le rebond attendu par la Fed au deuxième trimestre risque de ne pas se matérialiser.» De quoi donner du grain à moudre aux «colombes» de la Fed. Les chiffres de l’emploi publiés vendredi seront décisifs avant la réunion du comité monétaire de la Fed le 9 août.
Néanmoins, Natixis rappelle que «l’expérience du QE2, avec un impact relativement limité sur l’économie dans un contexte d’une vague de critiques aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays, a rendu la Fed beaucoup plus prudente.» D’autant que les prix (y compris sous-jacents) ont été révisés à la hausse, et que les pressions inflationnistes restent fortes.
Les taux 10 ans ont reculé à 2,74%, leur plus faible niveau depuis le lancement du QE2. «Si des tensions peuvent éventuellement apparaître sur les taux après une éventuelle dégradation, les Treasuries restent des valeurs refuges, en particulier si les actifs risqués sont mal orientés», tempère Natixis. Le Trésor doit lever 331 milliards de dollars au troisième trimestre, contre 190 milliards aux trimestres précédents. «Le coût d’emprunt américain lors de ces émissions sera particulièrement surveillé puisqu’il donnera une indication de la perte de confiance des investisseurs dans l’économie américaine», estime CM-CIC.
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