L’envolée du franc fait sa première victime sur le marché du high yield
Techniplas, exposé au renchérissement de la devise suisse depuis le rachat de Weidplas en 2014, a dû renoncer à un emprunt inaugural de 135 millions d’euros.
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Alexandre Garabedian
L’abandon par la banque nationale suisse (BNS) du plancher du franc face à l’euro fait aussi sentir ses effets sur le marché de la dette high yield européenne. La volatilité des changes pourrait expliquer en partie le report cette semaine de l’emprunt obligataire en euros de l’américain Techniplas. Le fabricant de plastiques pour des constructeurs comme Daimler et BMW se proposait de lever 135 millions d’euros de titres à sept ans, notés B3/B, assortis d’une clause de rachat anticipé au bout de cinq ans. Barclays et la banque allemande IKB dirigeaient le placement, assistés de SEB.
Lancée le 21 janvier, l’opération offrait un rendement indicatif dans le bas de la fourchette de 9% à 10%, ce qui aurait déjà marqué le niveau le plus élevé pour une émission high yield en euros depuis novembre. Cela n’a pas suffi: dès le lendemain, les banques relevaient la fourchette entre 9,75% et 10%. Avant de jeter l’éponge.
Techniplas paie notamment son exposition au franc suisse. En mai 2014, la société du Wisconsin a annoncé le rachat des activités plastiques du suisse Weidmann, rebaptisées Weidplas. La transaction a fait doubler le groupe de taille, à 500 millions de dollars de chiffre d’affaires. Or, «environ 37 millions de charges de personnel et d’autres dépenses sont libellées en franc suisse, ce qui pèsera négativement sur la performance attendue compte tenu des récents mouvements sur les changes», relevait Moody’s le 16 janvier, au lendemain de la décision de la BNS, dans sa note sur l’émetteur.
Outre l’effet change, l’agence soulignait aussi que Weidplas, en perte ces dernières années, constituait un gros pari pour des dirigeants «à l’historique limité en matière de croissance externe».«Il est essentiel pour la qualité de crédit du groupe que ce retournement soit réussi», ajoutait Moody’s.
Ce facteur a donc aussi pu peser dans l’esprit des investisseurs. Sans compter que le groupe est un nouveau venu sur le marché, et de petite taille. «Les signatures ‘single B’ sont plus délicates à placer, et l’émission de Techniplas n’était pas benchmark, ce qui la faisait sortir du radar de certains gérants», explique un gestionnaire high yield. Autant d’éléments qui semblent faire de cet accident de parcours un cas particulier.
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