L’envolée du crédit menace de faire exploser la dette des collectivités chinoises
L’inquiétude grandit sur la dette chinoise. D’après le premier audit mené par Pékin, la dette des provinces chinoises aurait atteint 10.700 milliards de yuans en 2010, soit 27% du PIB. Une dette qui s’est envolée de 62% en 2009 sous l’effet du plan de relance mis en place par les autorités. En recul de 19% l’année dernière, elle reste néanmoins en forte progression par rapport à la période 2005-2008 durant laquelle elle était restée stable à 14% du PIB. A titre de comparaison, la dette des collectivités représente 16% du PIB américain et 12% du PIB brésilien mais atteint 28% du PIB en Inde.
Certains économistes estiment que ce chiffre serait largement sous-estimé. En tenant compte des véhicules de financement créés par les gouvernements locaux pour financer le crédit qui pèseraient entre 4.970 et 14.400 milliards de yuans, la dette des collectivités pourrait atteindre entre 15.400 et 20.100 milliards, soit 39% à 51% du PIB.
Si les créances douteuses des banques publiques ont été drastiquement réduites de 50% en 1998 à 1% du PIB en 2010, la société de gestion GaveKal estime que «l’explosion du crédit ces deux dernières années devrait sans doute conduire à une augmentation des créances douteuses dans le futur, même si les banques ne les ont pas encore reconnues comme telles». La banque centrale s’est inquiétée du fait que certains emprunts locaux n’ont pas été garantis du tout, et n’ont pas servi à financer des projets d’infrastructure mais à accumuler des réserves immobilières. Des régions auraient également surestimé les rentrées fiscales de nombre de projets.
Sur la base d’un scénario estimant que 20% des crédits accordés en 2009-2010 soient défaillants, le poids des créances douteuses pourrait atteindre 8% du PIB dans les deux prochaines années, soit 4 milliards de yuans. Un niveau qui reste néanmoins «gérable» selon GaveKal.
La dette de l’Etat central est passée de 20% du PIB en 1998 à 45% en 2010, portant ainsi la dette publique totale de 21% à 72%. En intégrant les créances douteuses et le coût de restructuration des banques, la dette reste stable à 80% du PIB. Si une faible partie de la dette est détenue par les étrangers, Pékin tient à contrôler les risques de son secteur bancaire. Dans ce contexte, GaveKal s’inquiète de la tentation que pourrait avoir «le gouvernement à laisser filer l’inflation pour mieux gérer son large stock de dette».
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