L’entrée de l'économie japonaise en récession technique mobilise les autorités
Les marchés attendent une réaction de Tokyo face à la persistance de la faiblisse de l’activité japonaise. L’économie du pays est entrée en récession technique au troisième trimestre avec une contraction de son PIB de 1,6% en rythme annualisé, après celle de 7,3% déjà enregistrée sur les trois mois précédents. U
ne contreperformance qui a pris les marchés par surprise, le consensus tablant sur une croissance de 2,2%. Si le recul est imputable à une contribution négative des stocks privés de 2,6 points, la demande est restée faible. La consommation privée n’a en effet progressé que de 0,4% sur le trimestre, après une chute de 5% sur les trois mois suivants la hausse du taux de TVA de 5% à 8% début avril. Dans le même temps, les investissements ont reculé pour le deuxième trimestre consécutif, de 0,2% après -4,8% au deuxième trimestre.
«Les pressions baissières sur l’économie après la première hausse du taux de TVA ont été plus fortes et ont duré plus longtemps que ce que le gouvernement et la BoJ avaient anticipé», explique SG CIB. La BoJ ayant pris les devants en augmentant la taille de ses rachats d’actifs, c’est désormais le premier ministre Shinzo Abe qui devrait annoncer dès aujourd’hui le retardement de la deuxième hausse de TVA à 10%, initialement prévue en octobre 2015, ainsi que la dissolution de la chambre basse du parlement et la tenue d’élections anticipées mi-décembre. Retarder la hausse de TVA permettrait notamment de soutenir la confiance des ménages à court terme, de réduire l’impact négatif sur les salaires réels et ainsi donner plus de marges de manœuvre à la BoJ pour atteindre son objectif d’un retour de l’inflation à 2% fin 2015, selon CA CIB.
Une nouvelle relance budgétaire de 3.000 milliards de yens en 2015 est également évoquée, après celle de 5.500 milliards déjà mise en place cette année. Dans ce contexte, Citigroup table sur une «révision à la hausse des perspectives de croissance et d’inflation de la BoJ» qui prévoit actuellement une progression du PIB de 1,5% en 2015. «La force du marché actions japonais et l’amélioration de la préférence pour le risque devraient renforcer la tendance baissière sur le yen», ajoute Citigroup.
Si la devise progressait légèrement contre dollar et euro hier, elle était tombée en début de séance à respectivement 117,05 et 146,53, son plus bas depuis octobre 2007 et octobre 2008, et a chuté de 10% et 7% depuis mi-octobre.
Plus d'articles du même thème
-
La Fed passe son tour, Jerome Powell aussi
La Réserve fédérale américaine maintient ses taux inchangés mais conserve un « biais accommodant ». Jerome Powell restera gouverneur de l'institution pour une durée indéterminée à la fin de son mandat de président. -
Les prix du gaz naturel européen redeviennent une préoccupation
Les cours de l’énergie ont à nouveau bondi mercredi après des informations selon lesquelles le président Donald Trump aurait demandé à ses conseillers de se préparer à un blocus prolongé de l’Iran. Un décalage d’un mois ne serait pas dramatique pour les prix du gaz européen. Un décalage de deux mois pourrait en revanche changer le calendrier de reconstitution des stocks, et causer un cercle vicieux pouvant ramener les cours TTF au-dessus de 100 euros/MWh. -
L'érosion des frais d'investissement s'accentue
Selon l’Autorité des marchés financiers, les coûts des placements poursuivent leur repli en 2025. Une dynamique portée par la gestion indicielle et la montée des acteurs à bas coût. -
Michelin confirme ses objectifs 2026
En dépit de facturations en recul au 31 mars, pénalisées par les changes, le fabricant de pneumatiques anticipe toujours une génération de cash-flow libre avant acquisitions supérieure à 1,6 milliard d'euros en 2026. -
Le Parlement change de braquet contre la fraude fiscale
Un accord trouvé en commission mixte paritaire ouvre la voie à un arsenal renforcé contre la fraude fiscale, et élargit les obligations déclaratives en matière de lutte anti-blanchiment à de nouveaux acteurs. -
Bitstack veut devenir le compte principal de ses clients
La fintech française, spécialisée dans l’épargne en bitcoin, veut offrir à ses clients dans les prochains mois un compte en euros avec un IBAN français. Elle a levé 15 millions de dollars en décembre dernier.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Action-réactionCéline Calvez (EPR) : « L’audiovisuel public sera une problématique incontournable de la prochaine présidentielle »
La députée macroniste, vice-présidente de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, revient sur le rapport de Charles Alloncle et dévoile la contribution que va déposer son groupe -
Fait minoritairePrésidentielle : les candidats s'inquiètent déjà de leur future majorité
Dans un entretien à l'AFP, Marine Le Pen estime qu'il serait préférable de gagner face à Edouard Philippe plutôt que Jean-Luc Mélenchon, pour revendiquer une victoire de choix et non de rejet. Une façon de jouer l'apaisement alors que certains craignent de ne pas disposer d'une majorité pour gouverner -
Vieille lune« Démarchandisation » : Boris Vallaud, marchand de rêves
Le rival d'Olivier Faure au PS, Boris Vallaud, tente de renouveler les idées de la gauche. Son concept de « démarchandisation » passe à côté de nombreux problèmes économiques et sociaux de la France